Italie: Le cardinal Ruini réaffirme l’engagement politique de l’Eglise italienne
Résolution européenne en faveur des «gay» condamnée
Rome, 24 janvier 2006 (Apic) Le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome et président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), a réaffirmé la volonté de l’épiscopat italien d’intervenir dans la vie politique du pays, le 23 janvier 2006, à quelques mois des élections parlementaires.
Le cardinal a pris la parole au cours de la traditionnelle session du Conseil permanent de la CEI qui se tient à Rome du 23 au 26 janvier. Il a aussi condamné la prise de position de l’Union européenne en faveur des couples homosexuels.
Dans son traditionnel discours de début d’année sur l’état de l’Italie, le cardinal Ruini a réaffirmé «la ligne de non-intervention» dans «aucun des choix d’une organisation politique ou d’un parti» et ceci dans le «respect de l’autonomie de la politique». Pour autant, l’Eglise italienne entend «contribuer» à «l’apaisement du climat et de la concorde sur les valeurs et les intérêts fondamentaux de la nation».
Ainsi, a-t-il déclaré, il est du devoir des évêques italiens «de re-proposer aux électeurs et aux futurs électeurs, de façon respectueuse et avec clarté, les contenus irréductibles, fondamentaux sur le primat et la centralité de la personne humaine».
Le cardinal a alors rappelé que ces «problématiques anthropologiques et éthiques» sont aussi présentes «de façon diffuse» dans le débat politique et législatif de nombreux pays. C’est ce que montrent «différents signaux et l’introduction de nouvelles normes qui ne répondent pas à des exigences sociales réelles, compromettant gravement la valeur et la fonction de la famille légitime, fondée sur le mariage et le respect qui est dû à la vie humaine de sa conception à sa fin naturelle». Tout ceci demande «un supplément d’attention de la part des électeurs, mais aussi de la part des futurs parlementaires dans l’exercice de leur responsabilité».
«Profonde erreur»
Le cardinal Ruini n’a pas hésité à condamner le texte adopté le 18 janvier par une très large majorité du Parlement européen appelant les Etats membres à protéger les homosexuels des discours et violences homophobes mais demandant surtout les mêmes droits pour les couples hétéro et homosexuels.
Ce dernier point est «une profonde erreur, lourde de conséquences négatives» selon le cardinal. En effet, alors que la construction européenne est en panne après le rejet de Constitution européenne par la France et les Pays-Bas, le Parlement européen ne respecte pas «le principe de subsidiarité» en approuvant des résolutions qui «constituent une impulsion et une sorte de pression morale éloignés des pivots de notre civilisation». Le cardinal s’est félicité que la majorité des eurodéputés italiens se soient opposés à cette résolution.
Mgr Aldo Giordano, secrétaire du conseil des conférences des évêques européens, interrogé par Radio Vatican, le 19 janvier avait déjà fustigé ce texte. «De telles résolutions risquent de délégitimer le Parlement européen», avait-il estimé.
«Il devrait être clair que certains sujets, notamment ceux relatifs à la famille, ne sont pas de la compétence directe de l’Union européenne, mais de la compétence reconnue de chacune des nations». Le site Internet du Parlement européen précisait dans son ordre du jour du 18 janvier que la déclaration était proposée «dans le contexte des propos ouvertement homophobes tenus récemment par les nouveaux gouvernants de Pologne».
En Italie, l’intervention de l’Eglise dans les débats politiques et sociaux quelques mois avant les élections générales, déclenche une large polémique. Dernier épisode en date, le 13 janvier 2006, à la veille d’une manifestation en faveur du PACS (Pacte civil de solidarité) à Rome, «L’Osservatore Romano» avait dénoncé la «provocation» de la gauche italienne et des associations homosexuelles.
Dans l’opposition italienne de gauche, les réactions à l’article paru en première page du quotidien du Saint-Siège n’avaient pas tardé. Les organisateurs de la manifestation avaient appelé le pape, évêque de Rome et primat d’Italie, et le Vatican à «ne pas entrer dans les décisions d’un Etat souverain et laïc comme l’Italie». (apic/imedia/hy/pr)




