Mise en garde de Mgr Paul Josef Cordes

Rome: Manque de lien entre les institutions caritatives catholiques et les évêques

Rome, 26 janvier 2006 (Apic) Mgr Paul Josef Cordes, président du Conseil Pontifical «Cor Unum», a évoqué le risque contemporain d’un manque de lien entre les institutions caritatives catholiques et les évêques. «Cor Unum» a été institué en 1971 par le pape Paul VI pour favoriser la coordination de toutes les initiatives socio-caritatives nées dans l’Eglise.

Le président de «Cor Unum» s’exprimait au Vatican lors de la présentation de «Deus caritas est», la 1ère encyclique du pape Benoît XVI, le 25 janvier 2006. «Il y a le risque du sécularisme, il y a le risque que l’homme d’aujourd’hui vive moins lié à la présence de Dieu dans sa vie ordinaire, et cela touche bien sûr les associations caritatives», a affirmé Mgr Cordes lors de la présentation de l’encyclique.

Le risque du sécularisme

Il a alors illustré ses propos en rapportant qu’au XIXe siècle, 41’000 congrégations religieuses étaient nées en Allemagne pour aider les pauvres, «parce que faire du bien à l’homme était lié à la religiosité», si bien que tous entraient dans les ordres. Aujourd’hui, a-t-il estimé, ces personnes, ou au moins beaucoup d’entre elles, n’entreraient plus dans ces congrégations «parce que le fait d’aider s’est sécularisé».

Relevant les contributions importantes de l’Etat, l’archevêque allemand a estimé qu’avec le sécularisme, il devient plus difficile pour les hommes d’aujourd’hui de penser qu’ils sont liés à Dieu et à l’Eglise.

Ce qui signifie, a-t-il insisté, que «quelquefois, les agences qui aident les gens oublient un peu qu’elles ont à faire avec les évêques». «Elles travaillent directement avec l’Etat et, ainsi, quelquefois, les évêques sont mécontents et nous rapportent que les agences caritatives font des programmes d’aide sans les contacter, sans faire entrer l’Eglise locale du pays dans lequel elles veulent aider».

Penser à celui qui est loin en oubliant celui qui est proche

Mgr Cordes a également évoqué le risque qu’aujourd’hui, «à cause de la préoccupation pour les questions de justice, à cause de la préoccupation pour les personnes qui sont loin, on oublie son prochain», comme l’a écrit le pape dans le paragraphe 15 de son encyclique. Benoît XVI a parlé avec insistance du prochain dans «Deus caritas est», «car il pense peut-être qu’il y a une tendance aujourd’hui à passer au-dessus du proche par préoccupation de celui qui est loin», a-t-il ajouté.

Intervenant pour sa part, Mgr William Joseph Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a souligné que, depuis la seconde moitié du siècle passé et particulièrement avec l’enseignement du Concile Vatican II, la mission spécifique des laïcs dans l’Eglise, «celle de la responsabilité d’agir dans le monde, de créer une société bonne et juste», s’était précisée.

Naturellement, a-t-il poursuivi dans les sociétés pluralistes, des personnes de toute spiritualité doivent travailler côte à côte. Chaque jour, «nous devons aussi préparer nos laïcs pour être surs de leur témoignage», car «ce qu’ils font, ils le font pour Dieu», a-t-il encore commenté. (apic/imedia/ar/be)

26 janvier 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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