Pour la 3ème fois de son pontificat

Rome: Benoît XVI accorde des indulgences plénières pour la Journée des malades

Rome, 3 février 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI a décidé d’accorder à titre exceptionnel, pour la troisième fois de son pontificat, des indulgences à l’occasion de la journée mondiale du malade le 11 février.

Benoît XVI a décidé d’accorder aux fidèles catholiques l’indulgence plénière à l’occasion de la 14e Journée mondiale des malades, jour où l’Eglise fête Notre-Dame de Lourdes. C’est ce qu’indique un décret de la Pénitencerie apostolique signé le 18 janvier par le cardinal James Francis Stafford, Grand pénitencier, et Mgr Gianfranco Girotti, régent. Il a été rendu public le 3 février 2006. Le pape a ordonné un tel décret, lors de l’audience accordée au cardinal Stafford, le 2 janvier. C’est la troisième fois depuis le début de son pontificat que le pape décrète l’indulgence plénière à l’occasion d’un événement particulier dans la vie de l’Eglise.

«Le souverain pontife Benoît XVI (.) désire que des infirmités et des douleurs des hommes, supportées avec résignation, (.) découlent d’abondants fruits spirituels», peut-on lire dans la version latine du décret du Tribunal de la Pénitencerie apostolique. Ce dernier fait partie des ’Tribunaux du Saint-Siège’ et se charge depuis 1917, au nom du pape, des indulgences.

Le pape accorde à cette occasion «le don de l’indulgence plénière». Elle pourra être obtenue selon les conditions habituelles: confession sacramentelle, communion eucharistique et prière aux intentions du pape lors d’une participation «dévote» à une messe pour la 14e Journée mondiale des malades le 11 février prochain. Cette indulgence concerne en premier lieu les participants à une célébration dans la cathédrale d’Adélaïde en Australie. C’est en effet là que, cette année, sera officiellement célébrée cette journée.

Les fidèles qui assistent «de façon charitable» des malades – en particulier mentaux – dans les hôpitaux ou à domicile et ne pourront pas, pour raison de service, assister à une messe pourront obtenir l’indulgence plénière à condition de remplir leur charge auprès des malades «comme ils le feraient au Christ lui-même», «l’âme détachée de tout péché» et d’avoir «l’intention de remplir les conditions susdites aussi tôt qu’il leur sera possible».

Les malades eux-mêmes et les personnes âgées ne pouvant prendre part aux cérémonies obtiendront l’indulgence plénière aux mêmes conditions. Il leur faudra en plus prier pour «tous les malades et offrir à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, ’salut des infirmes’, leurs souffrances physiques et spirituelles».

Par ailleurs, l’indulgence partielle est accordée à tous les fidèles catholiques entre le 9 et le 11 février 2006 s’ils prient pour les malades.

Ce décret s’inscrit dans la perspective de la première Encyclique de Benoît XVI, Deus caritas est, publiée le 25 janvier.

L’indulgence plénière est la remise entière de la peine temporelle due au péché. La réparation du péché, nécessaire pour voir définitivement Dieu, devra avoir lieu avant cette rencontre, sur terre ou au purgatoire. La remise de la peine n’est pas la remise du péché, celle-ci étant le fruit du sacrement de la Réconciliation.

Clarification théologique lors du concile de Trente

Benoît XVI avait déjà accordé l’indulgence plénière aux fidèles ayant participé avec ferveur aux fêtes de l’Immaculée conception, le 8 décembre 2005, jour du 40e anniversaire de la fin du concile Vatican II, ainsi qu’aux participants aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) à Cologne en août dernier. Cette dernière décision avait alors soulevé des polémiques au pays de Luther. La Réforme protestante étant en partie née du trafic des indulgences pontificales au XVIe siècle et de la condamnation du principe même de l’indulgence par Martin Luther dans ses 95 thèses en 1517.

A l’origine, les indulgences étaient accordées comme un substitut des peines très lourdes infligées dans l’Eglise des premiers siècles : excommunication, journées de jeûne. Le concile de Trente a effectué une entreprise de clarification théologique en 1545.

Avec le temps, la notion d’indulgences avait perdu de l’importance aux yeux des fidèles. L’Eglise a pourtant maintenu l’idée que l’indulgence de Dieu s’exprime à travers certains signes concrets dans la vie du chrétien. Paul VI, notamment dans sa Constitution apostolique Indulgentiarum docrina en 1967, puis Jean Paul II, avaient cherché à en renouveler le sens.

Le pape accorde l’indulgence plénière lors d’années particulières dans la vie de l’Eglise, ainsi que pour les années jubilaires ou des fêtes exceptionnelles. Cette rémission totale des peines temporelles encourues pour une faute, est aussi concédée par le pape lors des ses bénédictions Urbi et Orbi, à Noël et à Pâques. (apic/imedia/hy/pr)

3 février 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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