Eradication de la pauvreté dans le monde: on en est loin
New York: Mgr Migliore appelle la communauté à des efforts dans la lutte contre la pauvreté
Rome, 10 février 2006 (Apic) L’Observateur permanent du Saint-Siège à l’Onu appelle la communauté internationale à renouveler ses efforts dans la lutte contre la pauvreté. Un constat: l’éradication dans la pauvreté dans le monde: on en est loin. Sans doute faudra-t-il davantage d’actes que de paroles.
La «dure réalité de la pauvreté» requiert aujourd’hui les efforts renouvelés de la communauté internationale, a déclaré Mgr Celestino Migliore, le 9 février 2006, qui s’exprimait à l’Onu à l’occasion de la 44e session de la Commission pour le développement social, organisée à New York par le Conseil économique et social des Nations Unies.
Il s’agissait principalement de faire le point sur la «première décennie des Nations Unies pour l’éradication de la pauvreté».
Mgr Migliore a estimé que la population du monde vivant dans «l’extrême pauvreté» était passée «de 40 à 21 % entre 1981 et 2001». Il a cependant souligné qu’il y avait encore «bien trop de pays et de peuples» qui vivaient dans une grande pauvreté. L’Afrique subsaharienne est la première à en pâtir, a-t-il dit. Ainsi, le «nombre d’Africains vivant avec moins d’un dollar par jour a presque doublé depuis 1980, passant de 165 millions à 315 millions».
L’archevêque italien, en poste à New York, a soutenu les «trois recommandations» du rapport des Nations Unies établi au terme de leur première décennie de lutte pour l’éradication de la pauvreté dans le monde. Pour lui, il est ainsi nécessaire d’»améliorer les termes de l’échange, de doubler l’assistance et d’accentuer l’allègement de la dette».
Soulignant par ailleurs le lien entre «éradication de la pauvreté et inégalité», le nonce italien a expliqué qu’il fallait, outre le fait de considérer les bas niveaux de salaires, «porter plus d’attention aux inégalités au sein et entre les sociétés». En effet, a-t-il expliqué, ces différences peuvent pousser «les hommes et les femmes d’un pays à chercher ailleurs un travail mieux payé», ce qui peut les conduire à quitter leur pays. Et cette fuite de la main d’oeuvre, qualifiée ou non, «se fait souvent au détriment des pays en développement». Ainsi, pour l’archevêque, «l’éradication de la pauvreté et un développement social plus nivelé renfermeront nécessairement les moyens d’attirer et de retenir le travail, quel qu’il soit».
Les délégations de la Commission du développement social sont réunies du 8 au 17 février 2006 à New York. Ces mêmes délégations ont constaté qu’une personne sur six continue de vivre dans la pauvreté dans le monde. (apic/imedia/ar/pr)




