Pour un discernement toujours plus profond des vocations

Rome: Benoît XVI a rencontré au Vatican 1’800 membres de la communauté Saint-Jean

Ariane Rollier, de l’Agence I.Media à Rome

Rome, 15 février 2006 (Apic) Benoît XVI a rencontré, le 15 février dans la basilique Saint-Pierre, 1’800 membres de la communauté Saint-Jean. Le pape a souhaité que leur pèlerinage à l’occasion des trente ans de la communauté religieuse d’origine française, «soit un temps de renouveau». I.MEDIA, agence partenaire de l’Apic à Rome, a rencontré le prieur général des frères de Saint-Jean, le frère Jean-Pierre Marie.

«Que votre pèlerinage soit un temps de renouveau, prenant soin de vérifier ce qui a été vécu pour en tirer tous les enseignements et pour opérer un discernement toujours plus profond des vocations qui se présentent et des missions auxquelles vous êtes appelés, dans une collaboration confiante avec les pasteurs des Eglises locales», a souhaité le pape, accueilli par les nombreux membres de la communauté Saint-Jean en pèlerinage à Rome du 13 au 15 février. Il avait auparavant salué les prieurs généraux des trois branches de la communauté assis près de l’autel de la basilique : le frère Jean-Pierre Marie, prieur des frères, et les soeurs Alix et Irène-Marie, prieures des soeurs contemplatives et des soeurs apostoliques de la communauté. Le pape avait aussi mentionné dans son mot d’accueil le fondateur de la communauté, le père Marie-Dominique Philippe, actuellement âgé de 94 ans et présent à cette audience.

Le pèlerinage à Rome de la communauté Saint-Jean était un Jubilé pour ses trente ans d’existence. Quelque 300 frères et soeurs y participaient, parmi lesquels des religieux venant du Brésil, du Mexique, des Etats-Unis, du Canada, du Cameroun, du Sénégal, de Guinée ou encore de Taiwan, sans compter les nombreux pays européens représentés. Fondée en France en 1975, la communauté Saint-Jean, «communauté contemplative à rayonnement apostolique» comme ses membres la définissent, est de droit diocésain. Mais elle est largement présente à l’étranger.

De bons rapports avec le Vatican

«Nous dépendons, au point de vue de notre ordinaire, de Mgr Raymond Séguy, évêque d’Autun», a ainsi expliqué le frère Jean-Pierre Marie interrogé par I.MEDIA. «Mais nous sommes présents dans une trentaine de diocèses répartis dans le monde entier, donc nous avons, à ce titre, un lien avec la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique». Les rapports avec le Vatican «sont bons», a-t-il aussi souligné, expliquant qu’il venait régulièrement à Rome. Il ne sait en revanche pas quand la communauté sera reconnue au niveau «pontifical».

«L’intention profonde de notre Jubilé est celle d’un renouvellement dans la foi», a par ailleurs expliqué à I.MEDIA le prieur des frères de Saint-Jean qui a succédé au père Marie-Dominique Philippe en 2001. Il s’agit aussi «de purifier les mémoires et de reprendre, face à Dieu, l’appel originel», a-t-il poursuivi, rappelant que la communauté avait connu un certain nombre «d’épreuves ces derniers temps». Parmi elles figurent la difficulté à changer de responsable en 2001 (le fondateur de la communauté en avait été jusqu’alors le prieur), le départ de nombreux religieux de la communauté, la critique de certains frères de la communauté d’un manque de discernement et de formation en son sein, ainsi que des accusations de sectarisme venant de l’extérieur. Mais, pour le frère Jean-Pierre Marie, ces épreuves auront «fortifié» la communauté, lui permettant un meilleur travail de discernement dans sa mission et dans ses appels.

La communauté connaît actuellement beaucoup de vocations, a aussi souligné le prieur des frères de Saint-Jean, précisant qu’elle comptait une cinquantaine de novices dans la branche masculine. L’esprit de la communauté a toujours été de «répondre aux besoins des Eglises locales qui sont exprimés par les évêques et d’y répondre avec un certain esprit, celui de l’apôtre Jean, l’ami du Christ», a-t-il encore affirmé. «Je crois qu’aujourd’hui, les évêques qui nous ont dans leur diocèse sont contents», a-t-il ajouté.

Ainsi, les frères de Saint-Jean sont présents dans de nombreuses paroisses, aumôneries, collèges, sanctuaires et centres spirituels. Les soeurs contemplatives sont nées en 1982, et les soeurs apostoliques en 1986. Les premières consécrations d’oblats sont pour leur part apparues en 1981. L’oblature correspond au tiers ordre. (apic/imedia/ar/bb)

15 février 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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