Le recteur de l’Uni favorable à une célébration oecuménique
Fribourg: Bénédiction des bâtiments de Pérolles 2: les pressions se multiplient
Fribourg, 16 février 2006 Le recteur de l’Université de Fribourg, Urs Altermatt, ne s’oppose plus à une bénédiction des nouveaux bâtiments de Pérolles 2, mais pour autant qu’elle soit oecuménique, ajoute-t-il aussitôt dans une interview accordée au quotidien fribourgeois «La Liberté».
Les pressions du comité d’étudiants défendant l’identité chrétienne de L’Alma mater, mais surtout le «coup de gueule» de l’évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, pourrait bien avoir eu raison de la position du recteur de l’établissement. qui reçoit, dit au passage, bon an mal an la manne annuelle des catholiques suisses pour soutenir financièrement l’Uni de Fribourg.
Aux déclarations de l’évêque, sont venues s’ajouter d’autres voix. Pour le syndic de Fribourg, il est «regrettable qu’il n’y ait pas eu de bénédiction». «Cette bénédiction se donne à chaque fois qu’un bâtiment public s’achève», dit le syndic. Précisant que l’Uni de Fribourg est de tradition catholique. «Il n’y a pas à avoir honte de son héritage chrétien. Une bénédiction n’aurait été en aucun cas une insulte ou un manque de respect envers les autres religions». Ajoutant: «Si de nombreux étudiants choisissent Fribourg, c’est aussi à cause de cet héritage spirituel».
L’abbé Rickenmann est lui aussi monté au créneau. Le recteur Urs Altermatt est accusé par le secrétaire général de la Conférence des évêques suisses (CES), d’adopter une attitude visant à éliminer les derniers signes catholiques qui restent à l’université.
Quand à Mgr Bernard Genoud et à la Conférence des évêques suisses (CES) ils ont également largement critiqué ces tentatives de nier les liens qu’entretiennent l’Université de Fribourg et l’Eglise catholique. Surtout, ils ont évoqué l’idée de retirer la quête annuelle des catholiques de Suisse en faveur de l’Uni de Fribourg, dont le montant était de près de 549’000 francs en 2004.
Faudra-t-il bientôt enlever les clochers de nos églises?
«Sous prétexte de respecter une minorité, on en vient à manquer de respect pour la majorité», relève Mgr Genoud. «L’Etat m’a invité à bénir une autoroute, mais on refuse que je bénisse les étudiants d’une Université qui doit énormément aux catholiques de ce pays… Oser dire, comme le fait le rectorat, que la chapelle de l’Université est une «dérogation aux règles constitutionnelles» et qu’elle est juste «tolérée», il faut le faire! Faudra-t-il bientôt enlever les clochers de nos églises?»
Et l’évêque de mettre en garde: «On peut s’interroger sur l’opportunité de trouver une autre répartition de la quête faite parmi les catholiques en faveur de l’Université. Il y a d’autres Facultés de théologie dans le pays».
Le recteur est-il maintenant prêt à admettre la bénédiction des locaux? Selon Urs Altermantt, «ni le rectorat ni le canton n’ont jamais interdit une telle bénédiction. Mais le rectorat partait de l’avis que la bénédiction de l’espace de recueillement interreligieux, le 6 janvier, concernait également le bâtiment dans son ensemble. Je suis toujours de cet avis». Selon le recteur, «nous faisons maintenant l’offre au comité d’étudiants de demander, aux aumôniers de l’université, une cérémonie pour tout le bâtiment, Mais il faut qu’elle soit oecuménique». Son argument: «L’université est une communauté d’individus de toutes religions et de toutes visions du monde». Et qu’entend le recteur par cérémonie oecuménique? «Les aumôniers catholiques et réformés. Mais l’invitation irait à tous les membres de notre université».
Une solide et traditionnelle manne
Quant aux reproches selon lesquels Urs Altermnatt veut évacuer la tradition chrétienne de l’Uni, et pas seulement sa composante catholique, le recteur estime qu’»on joue un peu sur les mots.»
Rappel: inauguré le 28 octobre dernier, le site universitaire de Pérolles 2 n’a pas fat l’objet d’une bénédiction. Le rectorat avait justifié cette décision en soulignant que l’université n’était pas catholique. Le secrétaire général du rectorat Daniel Schoenmann avait ajouté dans la presse que la présence d’une chapelle catholique sur le site de Miséricorde était «tolérée», bien qu’anticonstitutionnelle. Reste que la non bénédiction du site de Pérolles 2 en octobre 2005 a heurté les sensibilités du côté des Eglises et a relancé la question de l’identité chrétienne de l’université.
La quête 2004 pour l’Uni avait atteint un montant de 541’960.– ventilés comme suit: Etudes et colloques: 150’000.-. Part aux salaires pour l’aumônerie catholique 53’800.-. Part à la théologie pastorale 40’000. Accompagnement des étudiants en théologie 20’000.-.Publications scientifiques 111’000.-. Bourses à des étudiants du Tiers Monde et de l’Europe de l’Est 46’400.-. Fondation Pro Universitate Friburgensi 86’500.-. Publicité pour l’Université et pour la collecte 34’260. Cette quête a été instituée en 1949. (apic/lib/arch/pr)




