Le baiser de Roméo interdit, où l’histoire détournée
Et tout ceci est vrai.
Grande est ma colère. J’avais l’espoir que la bêtise était assez intelligente pour se fixer des limites. Histoire de marquer une frontière. Infranchissable pour les c.. Fût-il ministre anglais de l’Education. Qui vient de censurer la scène shakespearienne du baiser entre Roméo et Juliette dans les écoles du royaume. En privant Roméo du vrai baiser de Juliette. Proscrit, dorénavant, ce baiser, dit le vertueux. Qui ajoute: «Un bisou sur la joue ou une accolade suffise pour traduire l’émotion requise». Alors là je proteste. Moi qui ai joué dix fois, cent fois, mille fois le rôle de Roméo dans ma jeunesse, avec le privilège de ne jamais finir comme le Roméo de l’histoire; moi qui, par maladresse, ou encore par timidité, à moins que ce ne fut par trop de tendresse débordante, faisait tout pour répéter la scène, je déclare la guerre à ce ministre. Pour la caricature qu’il fait de Shakespeare, en imposant des baisers bidons. De Juda? Parce qu’il prive les jeunes acteurs de la vie du merveilleux goût de fraise, de framboise des bois et désaltérante rosée qu’avaient les lèvres de mes partenaires. Je m’en souviens encore. (apic/pierre rottet)




