Une utilisation abusive du droit à la liberté d’expression
Porto Alegre: Le COE déplore les caricatures du prophète Mahomet
Porto Alegre, 24 février 2006 (Apic) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) a déploré la publication de caricatures du prophète Mahomet. Il a exhorté ses membres à s’associer aux manifestations non violentes contre cette «utilisation abusive du droit à la liberté d’expression».
L’Assemblée du COE, réunie à Porto Alegre du 14 au 23 février, a pris position sur l’affaire des caricatures de Mahomet dans une résolution adoptée au terme se la rencontre, et reprise par l’agence d’information oecuménique ENI.
Le COE a demandé à ses quelque 340 Eglises membres et autres partenaires «d’exprimer et de manifester leur solidarité avec ceux qui subissent des attaques contre leur religion et de s’associer à eux pour défendre l’intégrité de leur foi par des moyens non violents». «La liberté d’expression est sans conteste un droit humain fondamental qui doit être protégé et garanti. C’est à la fois un droit et une responsabilité», a souligné le COE. «Avec la publication des caricatures, la liberté d’expression a servi à faire du mal en tournant en dérision la religion, les valeurs et la dignité de fidèles. Ainsi, le fondement même de ce droit se trouve dévalorisé.»
«Les publications ultérieures et les violentes réactions qui ont suivi n’ont fait qu’aggraver les tensions. En tant que croyants, nous comprenons la peine endurée par le mépris de quelque chose de précieux pour la foi. Nous déplorons la publication des caricatures. Nous joignons nos voix à celles de nombreux responsables musulmans et déplorons les violentes réactions qui ont suivi les publications», a poursuivi le COE.
Sa prise de position appelle au renforcement du dialogue et à la coopération entre chrétiens et musulmans, tout en soulignant que les problèmes d’exclusion politique et sociale ont exacerbé les tensions. «Il ressort de cette crise que les Etats et les sociétés laïques doivent mieux comprendre et respecter le rôle et la signification de la religion, élément essentiel de l’identité humaine, dans un monde multiculturel et sans véritables frontières.» , conclut le COE. (apic/eni/bb)




