Pologne: L’Eglise catholique polonaise a décidé d’enquêter sur les prêtres «espions»
Infiltrés en son sein pendant la période communiste
Cracovie, 28 février 2006 (Apic) L’Eglise catholique polonaise a décidé d’enquêter sur les espions et «collabos» infiltrés en son sein pendant la période communiste. «Il faut tout simplement enquêter sur cette affaire, nous ne devrions pas craindre la vérité», a déclaré mardi le Père Robert Necek, porte-parole de l’archidiocèse de Cracovie.
L’archevêque de Cracovie, Mgr Stanislaw Dziwisz, ancien secrétaire personnel du pape Jean Paul II, a ordonné mardi la création d’une commission d’enquête sur les agents communistes et collaborateurs de la police politique au sein de l’Eglise dans son archidiocèse sous le régime communiste. Pour le prélat, la période communiste a été «un temps de persécution pour l’Eglise, souvent sanglante et brutale». Il s’agit par cette étude notamment de mettre en valeur «l’attitude héroïque» des prêtres sous le régime communiste. Des historiens de l’Eglise vont ainsi examiner les dossiers de la police politique.
La commission «Mémoire et Sollicitude» travaillera avec des historiens et des spécialistes de l’Institut de la mémoire nationale IPN à Varsovie, institution chargée d’enquêter sur les crimes communistes.
L’affaire du Père dominicain Konrad Hejmo
En avril dernier, une affaire pénible avait secoué l’Eglise polonaise: le dominicain Konrad Hejmo avait été accusé d’avoir «informé» les services secrets communistes. Cet organisateur des pèlerinages polonais à Rome, où il vit depuis 1979, avait été accusé par Leon Kleres, directeur de l’Institut de la mémoire nationale (IPN) à Varsovie, d’être un espion ou plus précisément «un contact» des services de sécurité communistes polonais au Vatican.
L’Institut est tenu de recueillir et de gérer les documents des organes de sécurité de l’Etat, établis entre le 22 juillet 1944 et le 31 décembre 1989, de mener des enquêtes sur les crimes nazis et communistes et de s’occuper de l’activité éducative. Le 29 avril 2005, le Père Hejmo avait démenti les accusations portées contre lui. «Je n’ai jamais été espion», avait-il alors déclaré à la presse italienne.
Il avait aussi affirmé savoir que «beaucoup» de prêtres, à l’époque, étaient des sources des services secrets polonais «sans le vouloir». «Chaque prêtre polonais était surveillé», avait-il alors expliqué. Et «quand on en a parlé avec le pape», lors d’un déjeuner avec d’autres prêtres polonais en 1984, «tous disaient avoir un ange gardien, ce qui signifiait être contrôlés pour le compte du gouvernement polonais». «Le pape disait en savoir l’existence» et se «savait être espionné», avait-il aussi avancé. (apic/imedia/kna/be)




