Guantanamo: «La dignité de l’homme pas du tout respectée»

Le cardinal Martino brise quelque peu le silence

Rome, 3 mars 2006 (Apic) Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a estimé que «la dignité de l’homme n’était pas du tout respectée» à Guantanamo dans un entretien accordé à l’agence italienne Ansa.

Le cardinal vient de rentrer d’un voyage à Cuba, dans le cadre du 20e anniversaire de la Rencontre nationale de l’Eglise cubaine et pour présenter le Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise. Au cours de son séjour, le cardinal a aussi rencontré Fidel Castro. Le Vatican ne s’est jamais exprimé officiellement sur Guantanamo.

A l’occasion de son premier message pour la paix, Benoît XVI avait toutefois déjà lancé un appel général pour le «respect» du droit international. «Vu que nous nous intéressons aux conditions des prisonniers, nous demandons toujours le respect de leur dignité. Je veux rappeler que même ceux qui ont commis des crimes restent des personnes humaines qui doivent être respectées dans leur dignité», a-t-il souligné. Le Conseil pontifical Justice et Paix prépare un document à ce sujet

Le président du Conseil pontifical Justice et Paix brise quelque peu le silence: «Concernant Guantanamo, il semble clair que dans cette prison la dignité de l’homme n’est pas du tout respectée». Pour le cardinal, «toute personne a toujours droit à un jugement juste et équitable. S’il existe des personnes détenues dans de telles conditions, privées de liberté sans même connaître leurs chefs d’accusation, quel que soit l’endroit du monde où elles se trouvent, nous n’hésiterons pas à les défendre».

A la question de savoir si l’intervention du Vatican avait été sollicitée par des familles de détenus ou des associations de défense des droits des détenus, Mgr Martino a indiqué «préféré ne pas répondre à cette question».

Depuis près de 4 ans, quelque 660 ’ennemis combattants’ capturés en Afghanistan, au Pakistan ou livrés par des pays tiers sont détenus au secret sur la base américaine de Guantanamo (Cuba), au mépris de toutes les lois internationales. Seuls des décrets du président des Etats-Unis, au nom de ’l’Etat de guerre contre le terrorisme’, sont censés justifier cette détention. (apic/ag/imedia/hy/pr)

3 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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