Alliance Sud défend l’accès à l’eau comme un droit humain
Berne: 4e Forum mondial de l’eau à Mexico du 16 au 22 mars
Berne, 6 mars 2006 (Apic) Le 4e Forum mondial de l’eau aura lieu à Mexico du 16 au 22 mars. Il se déroule tous les trois ans. Favorable aux privatisations, le Forum se tient dans un climat où de nombreuses ONG dont Alliance Sud contestent la privatisation de l’eau.
Le 4e Forum mondial de l’eau à Mexico du 16 au 22 mars est la manifestation la plus importante sur le thème de l’eau au plan mondial. Il a lieu chaque trois ans et se clôt par une conférence ministérielle. Fortement dominée par l’industrie privée, sa légitimité est très controversée. Des ONG mexicaines et internationales organisent à Mexico de nombreuses manifestations sur l’accès à l’eau potable comme droit humain. Alliance Sud, la communauté de travail des oeuvres d’entraide Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper, s’associe à ces activités.
Quelque 8000 experts sont attendus aux 4e Forum mondial de l’eau pour débattre des solutions possibles à la crise globale de ce bien précieux. Deux des cinq grands thèmes prévus sont particulièrement controversés : «L’approvisionnement en eau et le traitement des eaux usées pour tous» (avec la question centrale de la privatisation) et «L’eau pour la croissance et le développement» (résurgence des grands projets de barrages et d’irrigation, mis en avant depuis quelques années notamment par la Banque mondiale).
Le Forum s’achèvera par une conférence ministérielle (21-22 mars) qui devrait adopter une déclaration commune. Si celle-ci n’a rien de juridiquement contraignant, elle n’en a pas moins une forte influence sur la politique internationale et les politiques nationales de nombreux pays en matière d’eau, ainsi que sur les flux financiers liés à des projets dans les pays en développement.
La Communauté des oeuvres d’entraide suisse présente à Mexico
Alliance Sud sera présente à Mexico. Elle participera à diverses activités du Forum officiel et surtout du Contre-forum, dans le cadre du réseau «Les Amis du droit à l’eau» (Friends of the Right to Water). Créé à l’initiative notamment d’Alliance Sud, ce réseau réunit de nombreuses ONG de plusieurs continents. Il s’engage en particulier pour une Convention internationale de l’ONU, qui rendrait juridiquement contraignant le droit à l’eau potable pour tous et forcerait les gouvernements à prendre les mesures qui s’imposent.
Le Forum mondial de l’eau est organisé notamment par le Conseil mondial de l’eau, une plateforme de lobbying créée en 1996 par des multinationales françaises de l’eau et la Banque mondiale. Il est aujourd’hui encore dominé par l’économie privée. Il compte parmi ses quelques 300 membres des représentants gouvernementaux, des laboratoires de recherche, des banques, des institutions financières internationales, des entreprises multinationales ainsi que quelques ONG. Son président, Loïc Fauchon, est le directeur des Eaux de Marseille, entreprise qui appartient aux deux multinationales françaises de l’eau Veolia et Suez.
Vent contraire pour les tenants de l’eau privatisée
Le dernier Forum mondial de l’eau, qui s’est déroulé à Kyoto en 2003, a été marqué par l’opposition entre partisans et adversaires des privatisations. Les ministres ont refusé alors d’inscrire le droit à l’eau dans la déclaration finale. Cette même confrontation va aussi dominer les débats à Mexico. Au cours des trois dernières, les privatisations ont conduit à des augmentations de prix massives et à des troubles sociaux ; des entreprises se sont retirées de ce secteur, faute de perspectives de gains ; l’accès des pauvres à ce bien vital de première nécessité ne s’est guère amélioré.
Ces dernières années ont vu l’émergence d’un mouvement mondial pour le droit à l’eau, en réaction à la politique de privatisation de l’eau. Ce mouvement refuse la commercialisation de l’eau, qu’il considère comme un élément de première nécessité et entend protéger comme «»bien public». Il animera pendant plusieurs jours à Mexico un forum international d’ONG sur la question du droit à l’eau. C’est dans ce cadre qu’aura notamment lieu, au musée d’anthropologie de Mexico-City, un tribunal de l’eau latino-américain, qui examinera de nombreux cas de violations du droit à l’eau (privatisations, construction de barrages, pollutions, etc.). Forum mondial de l’eau : www.worldwaterforum.org. (apic/com/vb)




