Cameroun:L’Eglise dénonce les «funérailles matériellement motivées»

L’enterrement au Cameroun devient un objet de spectacle

Yaoundé, 10 mars (Apic) Les évêques de la province de Yaoundé ont dénoncé les extravagances dans l’organisation des deuils, dans la capitale camerounaise, lors de leur réunion annuelle. Les pauvres s’endettent pour la cérémonie. Quant aux riches, ils dépensent sans compter, au point que les funérailles ressemblent à un défilé de mode.

Selon un le quotidien camerounais, le «Cameroon Tribune», les évêques de Yaoundé ont exprimé leur étonnement face à la tendance au paraître, de plus en plus affichée par les chrétiens lors des deuils.

Au Cameroun, l’organisation des obsèques se transforme de plus en plus, en «foire à la fortune», commençant par la morgue. Chaque famille dépense énormément afin que la dépouille d’un parent soit conservée dans la plus grande morgue de Yaoundé, alors que l’argent lui manque pour d’autres choses.

Selon les évêques, il n’est pas raisonnable pour les pauvres de s’endetter pour organiser «le grand deuil».

La gastronomie pour paraître

Lors de la diffusion des avis à la radio et dans les journaux, l’accent est mis sur le festin car c’est par distinction gastronomique que l’importance d’un deuil s’évalue.

Les femmes, de leur côté, renforcent leur garde-robe, et la coiffure chic de circonstance est adaptée pour la levée de corps entre dans les habitudes. Conséquence, les morgues de Yaoundé, les jeudi ou vendredi, donnent l’impression, d’être de véritables défilés de mode.

Selon le «Cameroon Tribun», certains prêtres encouragent cette exhibition de richesse car ils préfèrent l’enterrement d’un riche à celui d’un démunie. Lors de leur conférence, les évêques ont appelé les chrétiens à la modestie et ont aussi pris position contre des «funérailles matériellement motivées». Les évêques ont rappelé aux chrétiens que les funérailles ecclésiastiques doivent tenir compte de l’attachement de l’individu à l’Eglise et non de son avoirs.(apic/trica/thk)

10 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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