Dont l’ancien secrétaire de Jean Paul II, Mgr Stanislas Dziwisz

Rome: Consistoire du 24 mars : 8 nouveaux cardinaux européens sur quinze (3)

Rome, 20 mars 2006 (Apic) En faisant cardinaux 8 Européens, Benoît XVI confirmera, le 24 mars prochain, l’importance de l’Europe dans le collège cardinalice. Le continent, dont il est lui-même originaire, comptera ainsi 94 cardinaux, dont 60 de moins de 80 ans. Comme aujourd’hui, les cardinaux électeurs européens représenteront ainsi plus de la moitié du collège des électeurs

Lors du Consistoire du 24 mars prochain, parmi les 15 nouveaux cardinaux créés par Benoît XVI, huit d’entre eux originaires du continent européen recevront la barrette cardinalice. La proportion des Européens reste la même avec 51,8 % du collège cardinalice d’origine européenne, contre 51,7 % actuellement.

Mgr Stanislas Dziwisz fait partie de la nouvelle promotion de cardinaux. L’archevêque de Cracovie, qui a été le secrétaire particulier de Karol Wojtyla pendant près de quarante ans, représente l’héritage vivant de Jean-Paul II. Avec son accession au cardinalat, il incarne un parcours hors du commun dans l’Eglise, passant du rang de secrétaire à celui d’archevêque pour finir cardinal.

Appelé par le pape à ses côtés en 1966

Stanislas Dziwisz est né le 27 avril 1939 dans une famille modeste, à côté de Cracovie, dans le village de Raba Wyzna. Après des études au séminaire de Cracovie, il y a été ordonné prêtre le 23 juin 1963. Vicaire paroissial dans la ville de Makow Padchalanski pendant deux ans, il y a rencontré Mgr Karol Wojtyla, alors évêque auxiliaire de Cracovie. Une fois devenu archevêque, en 1966, le futur pape l’a appelé à ses côtés, en tant que secrétaire. Travailleur, doté d’un grand sens pratique et très organisé, Stanislas Dziwisz s’est vite rendu indispensable au cardinal Wojtyla, devenant même son conseiller.

Le père Dziwisz a ainsi suivi le cardinal à Rome pour les deux conclaves de 1978 et y est resté comme secrétaire particulier du pape. Une charge assurée jusqu’à la mort de Jean Paul II, le 2 avril 2005.

Rompant avec la tradition et à la surprise de tous, ce dernier l’avait nommé évêque le 7 février 1998 et ordonné le 19 mars de la même année. Jean Paul II avait aussi crée pour lui la charge de vice-préfet de la Maison pontificale, avant de promouvoir Mgr Dziwisz archevêque, en septembre 2003. Avec la maladie du pape, le rôle de son secrétaire particulier s’était fortement accentué au sein de la Curie romaine.

«Je remercie don Stanislas pour sa collaboration et son aide si compréhensive et prolongée» au long de ces années, confia Jean Paul II dans son testament, demandant à son successeur de le nommer archevêque de Cracovie.

Mgr Stanislas Dziwisz a ainsi été nommé archevêque de Cracovie par Benoît XVI le 3 juin 2005 et a pris possession de son archevêché le 27 août, assumant ainsi la même charge que Mgr Wojtyla entre 1964 et 1978. L’archevêché de Cracovie est, traditionnellement, un siège cardinalice.

Benoît XVI crée deux cardinaux français

Benoît XVI créera aussi deux cardinaux français, dont Mgr Jean-Pierre Ricard. L’archevêque de Bordeaux est aussi président de la Conférence épiscopale française depuis 2001. La France comptera ainsi, à partir du 24 mars, 9 cardinaux dont 6 électeurs.

Agé de 61 ans, Jean-Pierre Ricard est né le 25 septembre 1944 à Marseille. Il y a fait ses études de philosophie avant de se rendre à Paris pour ses études de théologie à l’Institut catholique de la capitale.

Ordonné prêtre pour le diocèse de Marseille le 5 octobre 1968, Jean-Pierre Ricard a successivement été vicaire de paroisse puis curé dans l’agglomération marseillaise. Il a aussi été chargé, un temps, de l’enseignement religieux et de la formation des prêtres et des laïcs, avant d’assurer le secrétariat général du Synode diocésain. De 1988 à 1993, il a été vicaire général du diocèse de Marseille, assistant ainsi le cardinal Robert Coffy.

Evêque auxiliaire de Grenoble de 1993 à 1996, Mgr Jean-Pierre Ricard a ensuite été évêque de Montpellier de 1996 à 2001. Jean Paul II l’a enfin nommé archevêque de Bordeaux et Bazas en décembre 2001.

Membre du Conseil permanent de la Conférence épiscopale française depuis 1997, il en a été successivement élu vice-président en novembre 1999, puis président en novembre 2001 pour un mandat de cinq ans.

A Rome, l’archevêque français est membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis septembre 2002. Il a ainsi travaillé à plusieurs reprises avec le cardinal Joseph Ratzinger. Comme président de la Conférence épiscopale française, Mgr Jean-Pierre Ricard est aussi membre de la commission pontificale Ecclesia Dei, chargée des milieux religieux qui souhaitent conserver la liturgie antérieure au Concile Vatican II.

Cet évêque à l’accent marseillais et apparemment débonnaire ne transige pas avec la foi. Fort d’une grande capacité d’écoute, il est apprécié par ses collègues évêques ainsi qu’à l’intérieur de son diocèse.

Trois nouveaux cardinaux italiens

Le théologien moraliste Mgr Carlo Caffarra, qui revêtira aussi la pourpre cardinalice, fera quant à lui partie des trois nouveaux cardinaux italiens. L’archevêque de Bologne, âgé de 67 ans est né le 1er juin 1938 à Samboseto di Busseto, dans la province de Parme, Carlo Caffarra a été ordonné prêtre en 1961. Venu étudier à Rome, il a obtenu son doctorat de droit canonique à l’Université pontificale grégorienne, avec une thèse sur la finalité du mariage. Il est aussi diplômé en théologie morale. Il a ensuite enseigné pendant quelques années au séminaire de Parme, puis à Milan, notamment à l’Université La Cattolica.

Dans les années 70, il a approfondi les thèmes du mariage, de la famille et de la procréation humaine. Il a alors enseigné l’éthique médicale auprès de la Faculté de médecine et de chirurgie de l’Université catholique de Rome.

Nommé membre de la Commission théologique internationale en 1974, charge qu’il a assumée pendant dix ans, il a été le premier président de l’Institut Jean Paul II pour le mariage et la famille, fondé en 1981 par le pape polonais. Dans les années 80, Mgr Caffara a aussi beaucoup enseigné à l’étranger.

Ordonné évêque en octobre 1995, il a commencé son activité pastorale dans l’archidiocèse de Ferrare. En décembre 2003, le pape l’a nommé archevêque de Bologne, siège cardinalice, où il a remplacé le cardinal Giacomo Biffi, parti à la retraite.

Théologien international connu et controversé, Carlo Caffarra n’hésite pas à défendre de façon vigoureuse la doctrine catholique. Il est membre de l’Académie pontificale pour la vie, du Conseil pontifical pour la famille, et président de la Conférence épiscopale régionale d’Emilie-Romagne.

L’archevêque de Tolède également cardinal

Quant à Mgr Antonio Canizares Llovera, âgé de 60 ans, il sera le benjamin du prochain Consistoire, dont la moyenne d’âge est d’un peu plus de 70 ans. Primat d’Espagne, l’archevêque de Tolède est aussi théologien.

Né le 10 octobre 1945 à Utiel, Antonio Canizares Llovera a fait ses études au séminaire diocésain de Valence et à l’université pontificale de Salamanque, où il a obtenu un doctorat en théologie, avec une spécialisation en catéchèse. Il a été ordonné prêtre en juin 1970. Après avoir exercé son ministère sacerdotal à Valence, il a été transféré à Madrid où il a été professeur de théologie comme à Salamanque. De 1985 à 1992, il a aussi été le secrétaire de la Commission épiscopale pour la doctrine de la foi de la Conférence épiscopale d’Espagne.

Jean Paul II l’a nommé évêque d’Avila en mars 1992, puis archevêque de Grenade en 1996. Mgr Antonio Canizares Llovera est membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 1995. C’est en 2002 qu’il a été promu archevêque de Tolède. Mgr Antonio Canizares Llovera est, depuis 2005, vice-président de la Conférence épiscopale espagnole.

Mgr Canizares Llovera a consacré une grande partie de sa vie à l’enseignement, à la faculté de théologie de Salamanque et au séminaire et à l’Institut des sciences religieuses de Madrid. Il a en outre fondé l’association espagnole des catéchistes et la revue Théologie et catéchèse. (apic/imedia/ar/vb)

20 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 5  min.
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