Pour une réciprocité des cultures

Rome: La force de l’Islam réside dans la faiblesse des chrétiens, pour le cardinal Sodano

Rome, 20 mars 2006 (Apic) Le cardinal Angelo Sodano a dénoncé «la faiblesse des chrétiens», qui devraient davantage témoigner de «la loi de l’amour». Pour le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, cette faiblesse fait la force de l’Islam. Ces propos ont été publiés dans le quotidien italien La Repubblica du 20 mars 2006.

«Si nous étions plus convaincus de notre foi, si nous en témoignions avec la loi de l’amour, nous, en tant que chrétiens, pourrions contribuer à créer un monde réconcilié, plus juste, plus en paix», a déclaré le cardinal Angelo Sodano dans le quotidien italien La Repubblica du 20 mars 2006.

«Je souscris à cette assertion d’un évêque autrichien : la force de l’Islam est la faiblesse des chrétiens». «Bien sûr, les Etats ont une autre mission et je crois que ces derniers temps, on n’a pas assez souligné ce qu’est la mission de l’Eglise et ce qu’est la mission de l’Etat», a poursuivi le cardinal italien. «Je veux ici souligner (.) que ce n’est pas à nous d’indiquer quelle est la mission des Etats, qui ont un autre devoir» que le nôtre, a-t-il affirmé. Le cardinal était interrogé sur la question de l’enseignement du Coran dans les écoles italiennes, proposition à laquelle le cardinal Renato Raphael Martino, président du Conseil Justice et Paix, s’était montré favorable. «Je parle et j’agis à la lumière du magistère de l’Eglise pour notre responsabilité de chrétiens», a-t-il précisé.

«Sur le rapport avec les autres religions il y a tout un magistère lumineux des papes sur la nécessité du dialogue, du respect des civilisations et de la connaissance réciproque des cultures», a aussi affirmé le cardinal Sodano, interrogé sur la question de la ’réciprocité’, défendue par le cardinal Martino. Il a par ailleurs demandé aux chrétiens de prier pour que «l’Europe ne perde pas son âme, ou plutôt la retrouve».

Le cardinal Sodano avait souhaité, le 20 février dernier, que l’Italie et l’Europe, puissent «défendre la réciprocité» en matière de liberté religieuse, particulièrement «lors des négociations et des déplacements» dans les pays musulmans. Un peu plus tôt dans la journée, Benoît XVI, recevant le nouvel ambassadeur du Maroc près le Saint-Siège, avait défendu la même idée, celle du «respect des convictions et des pratiques religieuses d’autrui, afin que, de manière réciproque dans toutes les sociétés, soit réellement assuré pour chacun l’exercice de la religion librement choisie».

Interrogé par ailleurs sur sa première année passée aux côtés de Benoît XVI, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a répondu «personnellement, j’ai eu l’honneur de servir le pape Jean Paul II. C’est lui qui m’a appelé à cette tache élevée, sans aucun mérite de ma part». «Le pape actuel, Benoît XVI, a voulu me confirmer sa confiance. Et je resterai» au gouvernement de l’Eglise pour la faire avancer «sur les mers du monde, tant que le pape le voudra». «Nous sommes tous dans les mains de la Providence», a poursuivi le cardinal.

Le cardinal Angelo Sodano a été nommé à la tête de la Secrétairerie d’Etat par Jean Paul II le 1er décembre 1990, et créé cardinal quelques mois plus tard. Il a été reconduit dans ses fonctions par Benoît XVI, à peine élu. Agé de 78 ans, les rumeurs circulent régulièrement au Vatican autour de son départ imminent. Le cardinal italien pourrait être remplacé dans le cadre de changements décidés par le pape dans le fonctionnement de la Secrétairerie d’Etat, jugée trop influente par certains dicastères du Saint-Siège. (apic/imedia/ar/vb)

20 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!