La conversion, un crime selon la loi islamique en Afghanistan

Kaboul: Le parlement afghan ne veut pas laisser partir le converti Abdul Rahman

Kaboul/Rome/Berlin, 29 mars 2006 (Apic) Alors que le gouvernement italien et celui du Land de Sarre, en Allemagne, ont tous deux donné leur accord mercredi pour accueillir l’Afghan chrétien menacé de la peine de mort pour avoir abjuré l’islam, le parlement de Kaboul s’oppose à la sortie du pays du converti Abdul Rahman.

Abdul Rahman, un Tadjik originaire de la Vallée du Panchir converti au christianisme il y a 16 ans, «ne doit pas s’échapper», ont estimé les députés afghans. A l’époque de sa conversion, il travaillait au service d’une oeuvre chrétienne d’entraide au Pakistan avant de passer neuf ans en Allemagne. De retour en Afghanistan depuis 2002, il a été arrêté quand la police afghane a découvert qu’il possédait une Bible.

Retenu dans un lieu secret

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a affirmé que son pays serait très heureux de donner asile à Abdul Rahman, qu’il a qualifié d’homme «courageux». L’Afghan, âgé de 41 ans, a été libéré de la fameuse prison de sécurité de Pul-e-Charki à Kaboul, lundi, après que les charges retenues contre lui aient été soudain abandonnées.

L’argument avancé pour le libérer était son état de santé mental et des «failles techniques» dans son dossier. Il serait actuellement retenu dans un lieu secret en Afghanistan, mais les députés de la «Wolesi Jirga» ne veulent pas qu’il quitte le pays malgré des offres d’asile à l’étranger, spécialement en Occident. Ce sont pourtant les pays occidentaux qui financent une bonne partie du budget afghan.

La suggestion de l’Italie de donner asile à un «apostat» a mis en colère les parlementaires afghans. Mercredi, après des discussions au Parlement de Kaboul, le président Yunus Qanooni a déclaré que la sortie du pays doit lui être interdite. Il a relevé que si l’apostat était réellement atteint psychiquement, cela serait une autre histoire, mais si le juge qui l’a libéré de prison aurait été influencé par la pression internationale, il devra en rendre compte.

Les réactions ne se sont pas faites attendre au niveau international à l’annonce de la possible exécution d’Abdul Rahman en raison de ses croyances religieuses. Mais les députés afghans ont affirmé que la décision de ne pas le faire comparaître devant le tribunal pour apostasie était «contraire aux lois en vigueur en Afghanistan». La conversion ou l’apostasie sont un crime selon la loi islamique dans ce pays qui a pourtant été libéré du régime des Talibans par l’armée américaine et les soldats de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS ou ISAF en anglais). (apic/bbc/ag/be)

29 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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