Les lacunes de l’Eglise ont rendu l’affaire Röschenz possible
Lucerne : Réaction de la Fondation Haag et de la paroisse de Röschenz face à Mgr Koch
Lucerne, 29 mars 2006 (Apic) L’absence d’une juridiction administrative dans l’Eglise catholique. C’est ce que reproche la Fondation Herbert Haag pour la liberté dans l’Eglise, en réponse à la lettre ouverte de Mgr Kurt Koch à son président, le théologien Hans Küng. Quant à la paroisse de Röschenz, elle demande dans une lettre à leur évêque d’être un berger et non un juge.
Dans une lettre diffusée le 28 mars sur le site internet du diocèse de Bâle, Mgr Koch jugeait la distinction remise le 20 mars à Lucerne par la Fondation à la paroisse de Röschenz « injustifiée, inopportune et contre-productive en vue d’une résolution du conflit». Il a reproché à Hans Küng d’avoir vu dans cette cérémonie «une nouvelle occasion favorable », pour « une fois de plus régler ouvertement ses comptes avec l’actuel évêque de Bâle».
Il manque toujours dans l’Eglise une juridiction administrative, pourtant demandée par le pape Paul VI et le synode des évêques en 1967, mais que Jean Paul II n’a pas mis en application dans le code de droit canonique de 1983, affirme Erwin Koller dans sa réponse à la lettre ouverte de Mgr Koch. Et sur cette question, l’évêque de Bâle « ne dit malheureusement pas un mot ».
Au vu de ce grave manquement dans l’Eglise catholique, il est nécessaire que les paroisses, en tant que corporations de droit public, « utilisent les droits fondamentaux qui ne sont pas garantis par la hiérarchie catholique ». La raison pour laquelle la paroisse de Röschenz a été distinguée par la Fondation pour la liberté dans l’Eglise est justement que lors du conflit entre l’abbé Franz Sabo et l’évêque Kurt Koch, elle a tout tenté pour respecter son mandat avec justice, soutient Erwin Koller.
L’évêque, un berger et non un juge
La paroisse catholique de Röschenz, dans le canton de Bâle-Campagne, a également réagi à la lettre ouverte de Mgr Koch. « Montrez-nous s’il vous plaît que vous êtes notre berger et non notre juge », affirme-t-elle dans une prise de position diffusée le 29 mars. La paroisse souligne qu’elle a « maintes fois tendu la main en vue d’une réconciliation ». « Nous nous sommes rendus plusieurs fois chez vous à Soleure, afin de présenter nos préoccupations. Et nous aimerions encore une fois tenter d’emprunter ce chemin ». Si le droit canonique donne raison à l’évêque, écrit la paroisse de Röschenz, tous les droits de la terre ne pourront jamais lui donner quelque chose : « les coeurs des hommes dont vous êtes le berger ».
La paroisse de Röschenz veut conserver son prêtre. Car après des temps difficiles, Franz Sabo a amené le village à une vie paroissiale cordiale, joyeuse et chrétienne, qui a enchanté les vieux comme les jeunes ».
L’abbé Sabo a affirmé mercredi qu’il ne prendrait pas position sur la lettre ouverte de l’évêque et ne donnera en aucun cas un accord écrit en vue de délier Mgr Koch de son devoir de discrétion. Sous le titre « Ich wehre mich » (Je me défends), à paraître le 3 avril aux éditions dpunto, l’abbé Sabo il explique dans un ouvrage les motifs de sa désobéissance à l’égard des autorités de l’Eglise. (apic/job/bb)




