Deux référendums aboutissent largement

Suisse: Durcissement du droit d’asile: le dernier mot ira au peuple

Berne, 6 avril 2006 (Apic) Le sort du durcissement du droit d’asile et des étrangers est désormais dans les mains du peuple. Les signatures nécessaires à l’aboutissement des référendums lancés contre ces deux lois ont été déposées jeudi à la Chancellerie fédérale à Berne.

Près de 120’000 – dont 90’078 validées à la Chancellerie fédérale – personnes ont signé le référendum contre la loi sur l’asile, et plus de 75’000 celui contre la loi sur les étrangers, ont indiqué les organisations référendaires. Les citoyens sont appelés aux urnes si un référendum réunit au moins 50’000 paraphes.

Le référendum contre la loi sur l’asile a été lancé par la Coalition pour une Suisse humanitaire, le PS Suisse ainsi que par le Comité 2 X Non, présidé par l’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss. Celui contre la loi sur les étrangers a été initié par les Verts, le Forum pour l’intégration des migrants et le Comité 2 X Non.

«Le fait que plus de 100’000 citoyennes et citoyens aient signé le référendum contre la loi sur l’asile confirme, que nos soucis sont partagés par une grande partie de la population» a déclaré Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse, au nom de la Coalition pour une Suisse humanitaire lors de la remise des signatures.

En présence de nombreuses personnes engagées pour les droit des réfugiés, il a rappelé que la Coalition, qui compte aujourd’hui plus de 40 organisations, s’oppose depuis l’été 2004 à la révision de la loi sur l’asile qui «bafoue la Convention de Genève sur le statut des réfugiés, pousse les gens dans la détresse et les met en danger alors qu’ils ont besoin de notre aide».

La Suisse en contradiction

Le président du Conseil synodal du canton de Vaud, Henri Chabloz, a pour sa part parlé d’une loi contraire aux valeurs judéo-chrétiennes. Le représentant de l’Eglise réformée a appelé la population Suisse à refuser cette loi injuste en votation.

Quant au président du Conseil de fondation de Terre des hommes, il a affirmé que «La Suisse a ratifié la Convention internationale des Droits de l’Enfant, mais qu’elle s’apprête à négliger et à trahir ses principes dans son propre pays. Cela ne devrait pas être le cas».

Heinrich von Grunigen a continué en disant: «De la même manière, nous combattons dans le monde entier avec nos projets, pour que les enfants ne soient pas instrumentalisés pour commettre des actes criminels et qu’ils ne soient pas considérés comme une marchandise. Ainsi nous voulons nous porter garants des droits fondamentaux des enfants, qu’ils soient respectés et observés, comme nous le demande naturellement notre sens de la justice humanitaire». (apic/ag/com/pr)

6 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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