Objectif Sydney pour quelque 200 jeunes
Suisse: Neuchâtel a accueilli les JMJ des diocèses francophones
Neuchâtel, 9 avril 2006 (Apic) Quelque 200 jeunes venus de l’ensemble de la Romandie ont participé samedi et dimanche à Neuchâtel à la 21ème Journée Mondiale de la Jeunesse, célébrée un peu partout dans les diocèses dans le monde le dimanche des Rameaux. Une manière de prolonger la flamme de l’enthousiasme allumée l’an dernier à Cologne. Dans l’attente de Sydney, en 2008.
Les jeunes romands étaient pour la première fois réunis pour deux jours, à l’invitation du Comité romand pour les JMJ, et notamment de Mgr Denis Theurillat, auxiliaire du diocèse de Bâle et évêque des jeunes au niveau de la CES, présent les deux jours au milieu des participants. A Lugano, une manifestation semblable a rassemblé ce week-end aussi plusieurs centaines de jeunes tessinois pour fêter ces 21e JMJ, avec notamment un cortège aux flambeaux emmené par l’évêque du lieu, Mgr Pier Giacomo Grampa, à travers la ville jusqu’à la cathédrale.
La Suisse alémanique avait pour sa part anticipé la fête d’une semaine. Plus de 600 participants s’étaient en effet rassemblés les 1er et 2 avril à Einsiedeln, avec la présence de nombreuses personnalités ecclésiales, et d’une délégation de jeunes allemands de la Sarre.
Des groupes de jeunes, sacs au dos, équipés pour passer la nuit dans les maisons d’accueil des paroisses de Neuchâtel se pressaient samedi après-midi du côté de la Maladière, à Neuchâtel. Non pour assister à une partie de foot dans un stade en construction, mais pour se rassembler au nom du Christ. Avec en tête un rendez-vous à l’horizon: Sydney en 2008. A Sydney? «Je ne sais pas encore si j’y serai», répond, pensive, Marinka, une jeune valaisanne. «C’est encore un peu loin dans le temps». Une interrogation que n’a pas Edith, autre Valaisanne: «J’étais aux JMJ de Rome et de Paris. Je compte bien me rendre à Sydney».
Objectif Sydney
Même son de cloche pour quelques jeunes étudiants genevois. «Il nous reste deux ans pour gagner un peu d’argent, en bossant ici et là, en se regroupant pour vendre gâteaux et autres objets et récolter le pécule nécessaire». Le prix du billet? «Aucune idée». Une réponse apportée par l’ensemble de ceux et celles qui assurent vouloir se rendre à Sydney, malgré la longueur du déplacement de l’autre côté de la terre, et le prix du billet d’avion. «On se débrouillera.»
Comme le font d’ores et déjà dans le canton de Fribourg une dizaine de jeunes, qui se sont déjà mis à la tâche pour récolter des fonds pour 2008, avec une confection artisanale de chapelet. «Mais il est certain que le coût et l’importance du déplacement constituent un handicap. Reste que si l’envie d’y aller est réelle, tout est possible, confie Stéphane Currat, animateur à «Formule Jeunes», la pastorale des jeunes dans le canton de Fribourg.
Pour Delphine, ce sera aussi une occasion de visiter un peu l’Australie. «Ce qui motive ma présence en ce week-end de Rameaux? La rencontre, le partage avec des jeunes de notre âge. Notre foi, qui quelque part nous unit tous ici», commente-t-elle.
Pour l’heure en effet, l’intérêt se porte sur Neuchâtel, avec les premiers contacts de ces retrouvailles pour certains. L’ensemble des cantons romands sont représentés. A l’exception du Jura, hormis deux jeunes filles venues de Villeret, dans le Jura méridional. «On a toujours un peu de mal à les déplacer, les Jurassiens, car une fois passés Bienne, ils ont l’impression d’être au bout du monde», dit un responsable, qui ajoute aussitôt, tempérant sa boutade, que partout dans le Jura, des montées vers Pâques très fréquentées sont organisées. Ce qui explique peut-être cela.
Frassati vu par Ricour
Comme pour toute fête, le spectacle du parisien Damien Ricour, qui se définit comme un «comédien d’un théâtre qui parle de Dieu», a lancé le week-end. Il a interprété samedi en fin d’après-midi son one man show «Debout dans le vide», où il y incarne le bienheureux italien Pier-Giorgio Frassati (1901 – 1925) – né à Turin, en Italie, le 6 avril 1901, mort à 24 ans de la poliomyélite.
Ce jeune militant catholique a tenté, au début du 20e siècle, de suivre à sa façon les pas de François d’Assise en refusant de reprendre l’empire familial, l’important quotidien italien «La Stampa», pour se consacrer aux plus pauvres. «J’ai découvert Frassati sur un dépliant distribué aux JMJ de 1997. J’ai été très attiré par ce personnage peu connu, mais à la vie passionnante, intense et surtout très brève», a déclaré à l’Apic le comédien français.
Damien Ricour, 32 ans, a été constant dans son jeu d’interprétation de Frassati. En moins de deux heures de spectacle, il a varié gestes, attitudes, intonations et regards de chaque personnage pour garder son public en haleine. Il a fait découvrir un homme en odeur de sainteté avec l’arme de l’humour pour faire passer son témoignage chrétien.
Bref, ce qu’il fallait à ces JMJ romandes, histoire de se mettre en appétit avant un repas pris en commun, mais aussi avant la veillée de prière qui a suivi, pour une nuit d’adoration. Une ambiance de JMJ, en d’autres termes.
Le lendemain dimanche, les jeunes étaient tout aussi nombreux pour entamer cette seconde journée, marquée par des chants, des sketches, mais aussi par la catéchèse de Mgr Theurillat. Qui a relevé combien il est important que les jeunes se retrouvent. Il a développé le thème proposé par le pape Benoît XVI, à savoir que «nous vivons dans flot de paroles, et combien il est important de faire le constat qu’il y a une autre parole, qui vient d’ailleurs, de Dieu. Et que cette parole peut être vraiment lumière sur la route». Ces journées se sont achevées en début d’après-midi avec l’eucharistie. PR
Encadré
De Neuchâtel à Rome
JMJ à Neuchâtel et à Lugano, mais aussi à Rome, où à l’invitation du Conseil pontifical pour les laïcs, plus de 250 délégués de 85 pays se sont retrouvés du 7 au 9 avril à Sassone di Ciampino, près de Rome, pour une rencontre internationale des responsables de la pastorale des jeunes. Le point d’orgue a été le 9 avril, avec le rendez-vous de la jeunesse, Place Saint-Pierre, pour une messe présidée par le pape. Mais aussi pour la passation de la Croix des JMJ, passée des mains des jeunes de Cologne dans celles des organisateurs des JMJ de Sydney, en 2008, prochaine étape mondiale des JMJ. A noter que le pape a adressé un message aux jeunes catholiques dans le monde, en date du 22 février dernier, à travers lequel il les appelait à construire leur vie sur le Christ. PR
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Deux questions à Julian Andrey, responsable au niveau romand des JMJ
Apic: Organiser des JMJ demande un investissement temps.
Julian Andrey: Il faut s’y prendre plusieurs mois à l’avance en effet. Entre 6 et 8 mois, ne serait-ce que pour les premiers contacts avec la paroisse et les autorités, afin de mettre en place les infrastructures: repas, logements, veillée, bref, ce qui touche l’ensemble de ces deux journée, puisque c’est la première fois que ces JMJ se déroulent sur deux jours.
Apic L’animation se pense en fonction de quels critères ?
Julian Andrey: Il est clair que le modèle se calque sur le schéma des JMJ internationales. Un déroulement qui est pratiquement immuable d’une JMJ à l’autre, compte tenu que les points forts restent la catéchèse, et donc la rencontre de l’évêque avec les jeunes, ainsi que la messe avec lui. Pour le côté divertissement, théâtre, musique et autre, c’est aussi en fonction de ce qui nous est proposé. Entre Sydney à venir et Neuchâtel, le point commun est évident: «L’esprit est le même. Neuchâtel constitue un petit trampoline qui nous fera rebondir sur le grand de Sydney. C’est une préparation». PR
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Et trois questions à Mgr Theurillat
Apic Des JMJ romandes, avec Sydney en toile de fond? Mais n’est-ce pas cette fois un peu loin. Donc trop coûteux.
Mgr Theurillat: C’est un fait. Lorsqu’une JMJ internationale s’achève, les jeunes attendent de savoir où se tiendra la suivante. Et je ne pense pas qu’ils pensent aux difficultés pour s’y rendre, dès l’annonce faite. Je connais de nombreux jeunes qui depuis l’après Cologne commencent d’économiser pour 2008.
Apic: Sydney, c’est «demain», comment préparez-vous l’événement?
Mgr Theurillat: Au niveau du Comité national, que nous sommes en train de constituer, dès le mois d’août, nous nous activerons pour préparer Sydney: à savoir concrètement le prix des avions, et tout ce qui gravite autour de la préparation de ces JMJ.
Apic: Y compris trouver des sponsors?
Mgr Theurillat: Evidemment. Depuis cet été, on va se mettre à «la chasse» de nouveaux sponsors. Nous sommes conscients qu’il s’agit là d’une «aventure» qui revient cher. On ne veut pas qu’un jeune soit empêché de se rendre à une JMJ internationale en raison de difficultés financières, d’un manque d’argent. De nombreuses mesures sont prévues, à commencer au niveau des paroisses. Sinon, en temps que Comité, nous tentons de trouver des solutions, dans la mesure du possible, bien entendu. (apic/pierre rottet)




