Confirmation: le Saint-Siège travaille sur un document

Rome: Usage du préservatif par les personnes séropositives

Rome, 24 avril 2006 (Apic) Le Vatican va bientôt diffuser un document sur l’usage des préservatifs par les personnes ayant de graves maladies, à commencer par le sida, a assuré le cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé, dans un entretien publié le 23 avril 2006 par le quotidien italien «La Repubblica».

Le cardinal réagissait aux propos de l’ancien archevêque de Milan, le cardinal Carlo Maria Martini. Dans l’hebdomadaire italien «L’Espresso», ce dernier avait entre autres déclaré le 21 avril que l’usage du préservatif dans la lutte contre le sida était «un moindre mal».

Le cardinal mexicain a déclaré que ses services étudiaient la question «avec attention» de même que «des scientifiques et des théologiens chargés de rédiger un document sur le sujet».«Benoît XVI nous a demandé une étude sur cet aspect spécifique de l’utilisation du préservatif par les personnes contaminées par le Sida et par celles atteintes d’une maladie infectieuse», a-t-il poursuivi.

A la question de savoir s’il partageait la position du cardinal Martini, le cardinal Lozano Barragan a répondu qu’il s’agissait d’un «sujet très difficile et délicat qui justifie la prudence». Il a précisé qu’il ne souhaitait pas commenter ces déclarations pour «ne pas devancer l’étude».

Dans le «Dialogue sur la vie» publié par le magazine italien, le cardinal et jésuite en retraite à Jérusalem avait qualifié le recours à l’usage du préservatif de «moindre mal» dans certains cas. Une copie de l’entretien réalisée il y a un mois par le journal avait été transmise à Benoît XVI avant sa publication.

Le cardinal Martini a ainsi affirmé qu’il fallait «tout faire pour contrer le sida» et que, «certainement, l’usage du préservatif pouvait constituer dans certaines situations un moindre mal». En particulier dans le cas des couples dont l’un des partenaires est atteint du sida. Pour le cardinal «celui-ci est obligé de protéger l’autre partenaire et ce dernier doit aussi pouvoir se protéger». «Mais la question est plutôt de savoir s’il convient que ce soient les autorités religieuses qui fassent la propagande d’un tel moyen de défense en retenant que les autres moyens moralement soutenables, y compris l’abstinence, soient mis en second plan, alors que l’on risque de promouvoir une attitude irresponsable».

Rien de nouveau?

Selon des informations recueillies en fin de semaine passée auprès du Conseil pontifical de la santé, «il n’y a rien de vraiment neuf» dans les propos du cardinal Martini sur le préservatif ou de très distant par rapport à la position officielle de l’Eglise. En janvier 2005, alors théologien de la maison pontificale, le cardinal suisse Georges Cottier avait déjà estimé que l’utilisation du préservatif dans le cadre de la lutte contre le Sida pouvait être «légitime» dans certains cas et certaines limites très strictes. Récemment interrogé par un quotidien belge, le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Bruxelles, s’était aussi exprimé en faveur du préservatif dans le cas où la vie de l’un des partenaires serait en danger.

Des sources autorisées avaient également confirmé la préparation par la Congrégation pour la doctrine de la foi d’un document sur la question de l’usage du préservatif. (apic/imedia/ami/pr)

24 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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