Version italienne présentée jeudi Rome
Rome: Les propos du cardinal Ratzinger en faveur de la messe célébrée en latin réédités
Rome, 27 avril 2006 (Apic) Les propos du cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, en faveur de la messe préconciliaire célébrée en latin et «dos au peuple» sont réédités dans la version italienne d’un livre présenté à Rome le 27 avril 2006.
Dans la préface du livre Rivolti al Signore – L’orientamento nella preghiera liturgica (»tournés vers le Seigneur – l’orientation de la prière liturgique») du prêtre allemand Uwe Michael Lang, le cardinal Ratzinger exprimait son désir de rouvrir le débat sur ces questions, regrettant «les fanatismes» du débat post-conciliaire sur la liturgie.
Le livre préfacé par le cardinal Joseph Ratzinger en 2003, déjà édité cette année-là en allemand puis en anglais en 2004, est désormais édité en italien chez Cantagalli, un an après l’élection de Benoît XVI. Dans cet ouvrage, le père Uwe Michael Lang analyse la question de l’orientation de la prière liturgique du point de vue historique, théologique et pastoral.
Sa présentation à Rome, le 27 avril 2006 en milieu de journée, verra la participation de Mgr Malcolm Ranjith, nommé en décembre dernier par Benoît XVI secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Cette nouvelle publication de l’introduction rédigée par le cardinal Joseph Ratzinger en 2003 prend une ampleur particulière au regard de ses nouvelles fonctions et des gestes qu’il semble vouloir faire à l’égard de la frange traditionaliste de l’Eglise catholique et de la Fraternité Saint Pie X. D’ores et déjà, Benoît XVI a amplifié l’usage du latin dans les liturgies pontificales et décidé de célébrer seul certaines messes, comme celle du jour de Pâques, le 16 avril dernier.
Les nuances du cardinal
Dans la préface du livre, le cardinal Ratzinger faisait remarquer en premier lieu que, «pour le catholique pratiquant normal, la réforme liturgique du Concile Vatican II a eu essentiellement deux résultats: la disparition de la langue latine et l’autel tourné vers le peuple». Mais il ajoutait ensuite que «si l’on lit les textes conciliaires, on pourra constater avec étonnement que ni l’un ni l’autre de ces changements ne s’y trouvent sous cette forme».
Sur la langue utilisée pour les liturgies, le cardinal Ratzinger soulignait que, selon le Concile Vatican II (1962-1965), «l’usage de la langue courante est consenti, surtout dans le cadre de la liturgie de la parole», mais que «la règle» est que «l’usage de la langue latine, sauf un droit particulier, doit être conservé dans les rites latins».
Le cardinal Ratzinger notait aussi que, «dans le texte conciliaire, il n’est pas question de l’autel tourné vers le peuple», mais que cela apparaît ensuite «dans les instructions post-conciliaires». Il expliquait alors que l’invitation à dresser des autels tournés vers le peuple «n’exprimait pas une obligation mais une recommandation», appelant à «éviter dans ce domaine les positions unilatérales et érigées en absolu». Il regrettait aussi «les fanatismes qui, malheureusement, n’ont pas été rares ces quarante dernières années dans le débat sur la liturgie».
Selon le cardinal, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, «ce petit livre d’Uwe Michael Lang (.) rallume en un moment opportun – me semble-t-il -, un débat qui, malgré les apparences, n’a jamais vraiment pris fin, même après le Concile». Il espérait que cet ouvrage permettrait de «comprendre correctement et célébrer dignement la liturgie».
Dans L’esprit de la liturgie, paru en 2001 aux éditions «ad solem», le cardinal Ratzinger avait déjà souhaité, selon ses propres propos, «aider à retrouver une manière digne de célébrer la liturgie», et «mettre un terme aux influences nuisibles» du mouvement liturgique du début du 20e siècle et du Concile Vatican II. Il avait alors entre autres mentionné «la signification du bâtiment de l’église», «l’autel et l’orientation de la prière liturgique», et «la réserve eucharistique» qui contient les hosties consacrées.
Le «one man show» du célébrant
«La position du prêtre tourné vers le peuple a fait de l’assemblée priante une communauté refermée sur elle-même», écrivait alors le préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, regrettant que Dieu soit «de plus en plus absent de la scène» et que la messe devienne un «one man show» du célébrant. Il souhaitait ne pas «rejeter en bloc les réformes accomplies au 20e siècle» mais invitait à «ne pas regarder le prêtre» mais à «tourner un regard commun vers le Seigneur».
L’auteur du livre, le père Uwe Michael Lang, est membre de l’Oratoire Saint Philippe Neri à Londres. Il a étudié la théologie à Vienne et à Oxford et a publié de nombreux textes sur des sujets de patristique. (apic/imedia/ami/pr)




