La colère de l’archevêque de Hong Kong
Hong Kong: Le Vatican devrait suspendre les négociations avec Pékin
Hong Kong, 2 mai 2006 (Apic) Le Vatican devrait suspendre les négociations en vue du rétablissement de relations diplomatiques avec la Chine. C’est ce que préconise l’archevêque de Hong Kong , Mgr Joseph Zen, en raison de la «mauvaise attitude» de Pékin, qui a récemment ordonné un évêque sans l’aval du Saint-Siège le 30 avril.
«Le Vatican devrait suspendre les négociations, car Pékin a annihilé la confiance placée en lui. «Ils» négocient et parallèlement mettent les gens devant le fait accompli. C’est vraiment déloyal», a déclaré le cardinal au service chinois de la BBC. Ses commentaires font suite à l’ordination en Chine d’un évêque catholique non avalisé par le Vatican.
Le père Ma Yinglin, 40 ans, actuellement secrétaire de la conférence épiscopale de l’Eglise catholique officielle chinoise, placée sous le contrôle du régime communiste, a en effet été installé comme évêque de Kunming dans la province de Yunnan. Le Vatican s’y était opposé, jugeant son expérience pastorale insuffisante et ses liens avec l’association patriotique des catholiques chinois (gouvernementale) trop étroits.
«C’est très grave. Cela devrait entraîner une réaction très forte» de la part du Vatican, a ajouté Mgr Zen. Sans toutefois donner plus de détails. «En nommant ses évêques à la hâte et illégalement, l’Association patriotique catholique chinoise a tenté d’imposer sa sélection».
Joseph Zen, nommé cardinal par le pape Benoît XVI avait aussi condamné l’ordination de Ma Yinglin
Le quotidien hongkongais South China Morning Post indiquait par ailleurs que le pouvoir communiste s’apprêtait à ordonner un deuxième évêque sans l’aval du Vatican. Liu Xinhong, de la province d’Anhui (centre), doit être élevé au rang d’évêque en dépit de l’opposition du Vatican qui avait déjà rejeté sa candidature, selon le journal.
La Chine compte plusieurs millions de catholiques divisés entre une Eglise «patriotique» contrôlée par le pouvoir, dont le nombre de fidèles serait d’environ quatre millions, et une Eglise clandestine fidèle au Vatican, qui rassemblerait une dizaine de millions de croyants.
Depuis le début de son pontificat, le pape Benoît XVI a marqué son intérêt pour la normalisation des relations avec la Chine. Les relations du Vatican avec Taïwan, qu’il a reconnu font obstacle. Le porte-parole de Pékin avait prié le Vatican de s’abstenir de toute ingérence dans ses affaires intérieures après l’ordination du dimanche 30 avril (apic/ag/vb)




