Rome: Ouverture de la 56e Assemblée générale des évêques italiens
Da Vinci Code: «Les catholiques ont besoin de vérité»
Rome, 15 mai 2006 (Apic) Le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne, a estimé que la prochaine sortie du film le Da Vinci Code, devait offrir à l’Eglise catholique l’occasion d’éclairer les consciences.
Le vicaire de Rome, qui s’exprimait en ouverture de la 56e Assemblée générale de la Conférence épiscopale italienne, le 15 mai 2006, a dressé un bilan politique et social de son pays, avant l’entrée en fonction du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi.
«Les modes éditoriales et cinématographiques, en particulier aujourd’hui celle qui concerne le susdit Da Vinci Code, montrent la nécessité et offrent l’occasion d’une profonde oeuvre de catéchèse», a déclaré le cardinal italien. Pour lui, il faut «aider les gens à distinguer avec clarté les faits certains de l’origine et du développement du christianisme, des fantaisies et des falsifications». Celles-ci «sont avant tout un coup commercial, mais constituent aussi une contestation radicale et infondée du coeur même de notre foi», a-t-il poursuivi.
«Il est difficile de se soustraire au sentiment que le grand succès de travaux comme le Da Vinci Code a à faire avec le sentiment de haine qui a pénétré dans notre société». Pour autant, «il ne faut pas céder au pessimisme, car la fascination de la vérité est plus forte que celle de l’illusion. De vérité, notre peuple aujourd’hui a grande soif», a estimé le cardinal Ruini. La Conférence épiscopale italienne avait appelé à boycotter le film tiré du best seller de Dan Brown, le 9 mai 2006.
Dans son discours, le cardinal a aussi dressé, comme à son habitude, un tableau de la situation politique et sociale de l’Italie. Un panorama qui prend encore plus de poids, alors que le nouveau président de la République italienne, Giorgio. Napolitano, prenait ses fonctions le 15 mai. Ces prochains jours, il devrait nommer R. Prodi président du Conseil.
Principes non négociables
Le cardinal a rappelé les «principes non négociables» de l’Eglise catholique (discours de Benoît XVI aux représentants du Parti populaire européen, 30 mars 2006) en matière de droit de «la famille légitime fondée sur le mariage» et à la vie. Il a ainsi réaffirmé le refus de l’avortement qui demeure «un acte intrinsèquement illicite qu’aucune circonstance, finalité ou loi humaine ne pourra jamais justifier», tout autant que l’euthanasie et l’utilisation des embryons humains.
Le cardinal italien a aussi une nouvelle fois condamné «la reconnaissance juridique des formes d’union qui sont radicalement différentes de la famille, éclipsant son rôle social et contribuant à la déstabiliser». Il a rappelé son refus de la résolution du 18 janvier 2006 du Parlement européen contre l’homophobie, qui sollicite auprès des Etats «une adéquation des droits des couples homosexuels avec ceux de la famille légitime et demande au pays membres une révision de leur législation nationale respective». Ces décisions européennes ne «respectent pas les critères de subsidiarité, la culture et la traditions propres des divers pays membres, et s’opposent gravement aux vérités anthropologiques fondamentales».
Le président de la Conférence épiscopale italienne a alors reconnu que l’engagement de l’Eglise catholique «était souvent mal toléré et vu comme une intolérable intrusion dans la liberté de conscience des personnes et dans l’autonomie législatrice des Etats». Les évêques d’Italie sont réunis à Rome du 15 au 19 mai, jour de la sortie mondiale du film de Ron Howard tiré du best seller de Dan Brown. Ils seront reçus en audience par Benoît XVI, le 18 mai. (apic/imedia/hy/pr)




