Nombreuses convergences avec Rome
Rome: Le métropolite Kirill se montre satisfait de sa rencontre avec Benoît XVI
Rome, 21 mai 2006 (Apic) Le métropolite orthodoxe Kirill s’est montré satisfait de sa rencontre avec Benoît XVI dans la soirée du 18 mai, manifestant son accord pour poursuivre un travail commun dans la défense «des valeurs morales chrétiennes en Europe». «Est arrivé le moment où les deux Eglises doivent travailler ensemble» pour pouvoir faire valoir les racines chrétiennes de l’Europe», a dit le métropolite, qui a exprimé un certain nombre de convergences avec Rome.
Le métropolite de Smolensk et de Kaliningrad, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse donnée à l’ambassade de Russie à Rome dans la soirée du 19 mai 2006, a par ailleurs souligné l’importance de la consécration de la première église orthodoxe russe à Rome, du nom de sainte Catherine d’Alexandrie.
Benoît XVI «a fait un discours très profond et important, concernant les perspectives de travail commun entre nos deux Eglises», a rapporté à la presse le président du Département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou, commentant sa rencontre avec le pape au Vatican. L’audience du 18 mai tenue en italien en présence d’un interprète russe a duré environ 45 minutes. Le métropolite a précisé qu’il n’avait «pas donné de lettre écrite au pape de la part du patriarche Alexis II», mais lui avait transmis «un message oral».
«La position du pape» relative à «tout ce qui concerne ce dialogue» est «exactement la même que celle du patriarche de Moscou Alexis II», a-t-il déclaré. L’un des thèmes concrets «sur lesquels nous sommes d’accord est le thème de la morale humaine», a ainsi affirmé ’le numéro 2’ du patriarcat de Moscou, précisant qu’avec le pape il avait «parlé de leur volonté de chercher à maintenir les valeurs morales chrétiennes en Europe».
«Est arrivé le moment où les deux Eglises doivent travailler ensemble» pour pouvoir faire valoir «les racines chrétiennes de l’Europe», a-t-il estimé. Et d’insister «le moment historique où l’Europe décide de refuser et de ne pas reconnaître ses racines chrétiennes, est le moment où l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe doivent travailler ensemble pour pouvoir à nouveau défendre les valeurs de la vie chrétienne en Europe».
La famille aussi
«Certains croient que les valeurs chrétiennes sont des valeurs culturelles. Il en est ainsi, mais pas seulement. Les plus grandes valeurs chrétiennes sont les valeurs morales», a-t-il poursuivi. Pour le métropolite, «si la liberté est conçue en dehors du système moral», cela mène en effet «à des résultats horribles», comme celui du terrorisme. «Si l’on détruit le système des valeurs morales, quelles lois pourront jamais arrêter les actes criminels de l’homme ? Qu’est-ce qui arrêtera la corruption de l’homme ?», s’est-il aussi interrogé. De ces thèmes «doivent s’occuper les deux Eglises».
«Une autre question importante est celle de la famille qu’il faut maintenir, celle de la défense de la vie humaine», a-t-il poursuivi. «Les questions bioéthiques sont aussi très importantes». Pour le métropolite de Smolensk et de Kaliningrad, les Eglises catholique et orthodoxe doivent ainsi aujourd’hui donner un «message commun unique au monde entier et à toute l’Europe» pour répondre aux attentes et aux questions de leurs contemporains. C’est de cela dont «nous avons parlé dans notre rencontre avec Benoît XVI».
Le haut dignitaire russe s’est dit «très content que le pape ait exprimé des pensées en accord sur tous les points avec lui». Il a d’ailleurs qualifié Benoît XVI de «grand théologien», se disant impressionné par «sa discipline de la pensée et de la parole».
Interrogé sur l’éventualité d’une rencontre entre le pape et le patriarche de Moscou, il a répondu «comme nous le savons tous, la possibilité d’une telle rencontre n’a jamais été refusée par le pape Jean Paul II, par le pape Benoît XVI ni par le patriarche Alexis II». «Mais des deux cotés, il a été souligné que s’il devait y avoir une rencontre, elle devrait être bien préparée». Cette préparation concerne «le contenu de la rencontre» et pour cela, il faut d’abord «résoudre des points concrets», soulignés lors de sa rencontre avec le pape.
Benoît XVI devrait envoyer, les 4 et 5 juillet prochains, au sommet interreligieux à Moscou, une délégation composée de plusieurs cardinaux. Cet événement international est organisé par le conseil interreligieux russe, l’organisme étatique formé de représentants des différentes religions, hormis les catholiques. (apic/imedia/ar/pr)




