L’Eglise officielle accusée de fomenter la division
Chine: Pékin aurait demandé à l’Eglise officielle d’arrêter les ordinations sans l’aval de Rome
Rome/Hongkong, 1er juin 2006 (Apic) Le gouvernement chinois aurait demandé à l’Association patriotique (l’Eglise catholique officielle sous la tutelle du parti communiste) d’arrêter les ordinations épiscopales sans accord du Saint-Siège, a affirmé le cardinal Joseph Zen, archevêque de Hongkong. Une déclaration faite à l’occasion de la prise de possession de son siège cardinalice, l’église Santa Maria del Redentore, à Rome, le 31 mai 2006.
Selon le cardinal Zen, opposant à la politique religieuse des autorités chinoises, Pékin aurait «mis en garde Liu Bainian», le président de l’Association patriotique. Si l’Association continue «avec les ordinations illicites, les rapports seront entièrement rompus», a-t-il indiqué à l’agence spécialisée Asianews. Il a ajouté que l’Eglise officielle «fomentait la dissension entre le gouvernement chinois et le Vatican».
«Je ne peux pas dire si le gouvernement chinois donnera son autorisation au pape de visiter le pays», a-t-il poursuivi. Mais, a-t-il développé, si l’Association patriotique «maintient cette situation anormale et rend impossible une visite de Benoît XVI, elle se vainc elle-même et ne gagnera aucune victoire».
Dans un entretien accordé au quotidien français «La Croix», dans son édition du 1er juin 2006, le cardinal a confirmé ces propos. «Le gouvernement chinois a clairement dit au vice-président de l’Association patriotique, Liu Bainian, qu’il fallait mettre un terme à ces ordinations. Mais au cas où de nouvelles consécrations seraient effectuées, le Saint-Siège devrait annoncer la rupture des négociations avec Pékin», a-t-il déclaré au quotidien catholique français, en soulignant que les autorités ne voulaient pas de lui comme interlocuteur dans cette affaire. «Je pense que le pape doit être très ferme sur ce point: rompre le dialogue en cas de nouvelle consécration ! Il serait faux de penser que seul le Saint-Siège a besoin de renouer des relations diplomatiques avec Pékin».
Selon le cardinal Zen, «la Chine aussi en a besoin, non seulement pour des motivations politiques (afin d’isoler encore un peu plus Taiwan), mais aussi pour consolider sa politique religieuse nationale. L’Eglise de Chine veut être une Eglise catholique, et les évêques doivent être choisis par le Vatican», a-t-il insisté.
Le cardinal Zen avait déjà demandé plus de liberté et de démocratie en Chine, le 30 mai 2006, dans un entretien accordé au quotidien italien «La Stampa». Revenant sur les trois dernières nominations épiscopales effectuées par les autorités chinoises sans l’aval du Saint-Siège, le cardinal avait «personnellement» estimé qu’il s’agissait «d’une épreuve de force, d’une tentative pour faire voir que le gouvernement contrôle l’Eglise». «En réalité, les Chinois font toujours plus référence au Saint-Siège: 85% des évêques de l’Eglise officielle ont demandé et obtenu d’être reconnus par Rome», avait-il alors rappelé.
Le cardinal Zen a effectué un pèlerinage de plusieurs jours en Italie, sur les pas des religieux salésiens missionnaires en Chine. Au terme de son périple, il est venu prendre possession de son église romaine. Créé cardinal le 24 mars 2006, le prélat fait désormais théoriquement partie du clergé de Rome – qui au premier temps de la papauté élisait l’évêque de Rome – et de façon symbolique une église de la capitale du catholicisme lui est attribuée.
Environ 150 personnes ont participé à cette cérémonie dans la soirée du 31 mai, au cours de laquelle le cardinal Zen a déclaré représenter «le grand peuple chinois, qui souffre encore pour la foi catholique». (apic/imedia/hy/pr)




