La séparation entre le public et le privé est arbitraire

Italie: Le cardinal Scola défend le droit des catholiques à intervenir en politique

Rome, 2 juin 2006 (Apic) Le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise, a rappelé la nécessité des catholiques de travailler pour le bon gouvernement démocratique d’un pays et donc le droit de l’Eglise à intervenir dans le débat public. Il intervenait, le 2 juin, au second Congrès mondial des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés qui s’est déroulé du 31 mai au 2 juin à Rocca di Papa, aux portes de Rome, sur le thème : ’La beauté d’être chrétiens et la joie de la communiquer’.

«La société est toujours liée à la personne, ainsi la séparation entre le public et le privé est arbitraire», a expliqué le cardinal traitant de la question de la laïcité de l’Etat. Les catholiques «en tant que citoyens de l’Etat» sont «appelés à participer en premier lieu à la vie publique» a-t-il insisté devant les membres de communautés souvent socialement et politiquement engagés.

Les catholiques doivent ainsi défendre une conception de la vie «respectueuse de la nature de l’homme», dans «une conscience claire du rapport entre droits, devoirs et lois», a poursuivi le patriarche italien proche du mouvement ’Communion et Libération’. Reléguer la religion à la sphère privée a pour conséquence «une hypertrophie des droits», mais l’excès inverse apporte aussi une «inflation des différences culturelles et religieuses jusqu’à rendre impossible la communication entre elles», a expliqué le cardinal.

Par conséquent, il existe un juste milieu. «L’homme, intrinsèquement religieux, est capable d’accueillir toute les réalités», a estimé le cardinal. Il a enfin estimé que les nouvelles communautés étaient appelées «à un témoignage intégral» dans la société de la solidarité et de l’enseignement social de l’Eglise.

Plus de 100 mouvements chez le pape

Benoît XVI rencontrera au Vatican plus de 100 mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles, le 3 juin dans la soirée. 300’000 personnes sont attendues pour cette rencontre.

Dans les années 70, à la suite du Concile Vatican II et du nouveau rôle attribué aux laïcs dans l’Eglise, de nombreux mouvements, appelés communautés nouvelles, ont été fondés par des catholiques selon différents objectifs sociaux et spirituels. Le développement de ces mouvements, à la fois autonomes mais souhaitant s’incorporer dans l’Eglise, n’a pas toujours été facile et leur insertion dans les diocèses a souvent créé des difficultés. (apic/imedia/hy/bb)

2 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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