Rome: Document du Conseil pontifical pour la famille:appel à la procréation responsable

Les «couples insolites» sont une «éclipse de Dieu»

Rome, 6 juin 2006 (Apic) Le Conseil pontifical pour la famille appelle à «la procréation responsable» dans le cadre de la famille, de la société et de l’Eglise et réitère les condamnations des unions homosexuelles, des manipulations génétiques, de la contraception, de l’avortement et du divorce. Les «unions insolites» d’homosexuels et les «attaques violentes» contre la famille et le mariage traditionnel sont un signe de «l’éclipse de Dieu», estime le Conseil.

Dans un document de 60 pages, intitulé «Famille et procréation humaine», signé le 13 mai 2006 – et rendu public le 6 juin – par le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du dicastère et par Mgr Karl Josef Romer, le secrétaire, le Conseil pontifical propose un parcours historique et philosophique sur «la valeur universelle de la famille». Cette synthèse de la doctrine de l’Eglise et de l’enseignement des papes en la matière est publiée dans le cadre du 25e anniversaire du Conseil pontifical.

Condamnant «l’apologie de la famille mono-parentale, reconstituée, homosexuelle» et s’appuyant sur la doctrine sociale de l’Eglise, Kant et Freud, le document proscrit clairement les «revendications» de couples homosexuels qui demandent «les mêmes droits que ceux réservés au mari et à la femme» et «réclament le droit d’adoption». C’est «couples insolites» sont une «éclipse de Dieu», estime le document.

Ainsi, d’après lui, les lois en la matière fomentent «la crise de la famille» et du mariage. Ce dernier étant «toujours plus tardif» est d’ailleurs confronté «au divorce toujours plus facile et fréquent» et aux unions libres. Cette conception est aussi nourrie par «certains courants de bioéthique» qui «séparent la sexualité de l’amour».

Ainsi «les couples sont exposés à être aliénés de l’intime vérité de leurs rapports sexuels. La transmission de la vie devient une question de technique et de technicité», peut-on lire dans le document, qui dénonce cet avenir «qui semblerait être celui d’une procréation sans amour humain».

Continence périodique

Cette conception de l’homme «influence fortement les programmes hostiles à la famille», constate encore le Conseil pontifical, qui critique «l’union charnelle» où «chacun cherche le plaisir le plus intense ou l’utilité maximum pour lui-même. Les actes liés à la procréation sont ainsi subordonnés à la recherche du plaisir et à l’utilité des individus». Le texte condamne ainsi tout moyen de contraception et invite «à la continence périodique» dans le cadre du mariage.

Le texte du Conseil pontifical pour la famille dénonce aussi les politiques de contrôle des naissances et «l’influence des idéologies malthusiennes». Il regrette que «le comportement sexuel des couples soit de plus en plus victime des pressions, voire de formes de coercition provenant d’autorités publiques, nationale ou internationales, et reprises sans scrupules par les organisations non gouvernementales». Le document donne ainsi l’exemple des femmes stérilisées de force dans certains pays pauvres.

«La culture moderne a oublié ses racines religieuses et humanistes et en laissant de côté Dieu et la dimension spirituelle de l’homme, elle est devenue technique et scientifique», poursuit le document. Or, si l’Eglise reconnaît «les conquêtes de l’homme» et «n’est pas un adversaire de l’homme», elle veut que «ce pouvoir» soit utilisé pour le bien «de la vie».

Dans sa réflexion, le Conseil pontifical pour la famille refuse que l’homme «ne soit considéré que comme un individu, une sorte de Robinson Crusoé», car l’homme ainsi conçu «doit tenter toutes les possibilités offertes par la science et par la technique pour la production d’hommes nouveaux conçus selon les critères de la technique», et soulève aussi les risques de manipulations génétiques.

Les expériences sur les plantes et les animaux «sont les signes prémonitoires du clonage humain, ou les préambules pour arriver à l’homme fait à partir de l’homme, à son image et à sa ressemblance», dénonce le document condamnant «les pratiques funestes aujourd’hui légalisées dans certains pays», comme en Corée du Sud.

Féminisme montré du doigt

En effet, si «les points de référence morale objectifs» disparaissent et que «la conscience humaine fabrique ses propres normes et les modifie à souhait», la procréation humaine perd sa spécificité. Contrairement aux êtres vivants, la procréation humaine «implique trois niveaux de réalité: corporel, division des sexes et la coopération avec Dieu», précise le document.

Ainsi, «la sexualité est un grand don de la corporalité», suggère-t-il, l’être humain «est sexué, masculin ou féminin» et l’homme et la femme «sont les parents appelés à la paternité et à la maternité d’une façon qui dépasse tous les autres moyens de transmission de la vie dans le monde». Le document accuse ainsi le féminisme d’avoir «exacerbé les relations entre les sexes et accentué le caractère polémique de la relation entre homme et femme».

Rappelant enfin que le «rôle public de la famille n’est pas seulement passif», mais aussi fondamental du point de vue économique et social, le document souhaite que les gouvernements préservent «ce capital humain», en particulier dans les sociétés occidentales vieillissantes – «l’hiver démographique» – qui oublient «la solidarité intergénérationnelle».

Le Conseil pontifical pour la famille rappelle enfin que l’avortement est «un délit abominable» qui ne doit pas être «banalisé». «Aucune circonstance, aucune fin, aucune loi dans le monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui demeure intrinsèquement illicite, car contraire à la loi de Dieu», lance-t-il.

Ce document synthèse de la pensée du Conseil pontifical pour la famille a été signé à l’issue de l’assemblée plénière du dicastère, qui s’est tenue à l’occasion de son 25e anniversaire. Ses conclusions ont été adoptées lors de la dernière session de la plénière à laquelle participaient les membres du Conseil fondé par Jean-Paul II en mai 1981.

Ces propos sur la famille sont rendus publics un mois avant le déplacement de Benoît XVI en Espagne à l’occasion de la 5e rencontre mondiale de la famille à Valence, les 8 et 9 juillet prochains. Cette visite sera significative dans le contexte d’une Espagne dont le gouvernement socialiste prône certaines lois qui viennent en contradiction avec la tradition catholique du pays. (apic/imedia/hy/pr)

6 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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