Ukraine: Abolition de la consécration des femmes au pastorat dans l’Eglise réformée
La FEPS et l’EPER «déçues» et «déconcertées»
Kiev, Berne, 7 juin 2006 (Apic) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et l’Entraide Protestante Suisse (EPER) se déclarent «déçues et déconcertées» par la décision du Synode de l’Eglise réformée d’Ukraine d’abolir la consécration des femmes au pastorat.
La FEPS et l’EPER considèrent que cette décision n’est pas irrévocable, et elles demandent instamment à l’Eglise réformée d’Ukraine de revenir sur sa décision.
C’est à une infime majorité qu’en février 2006, l’Eglise réformée d’Ukraine a décidé d’abolir la consécration des femmes au pastorat. Tous les ministères et activités ecclésiales continuent à être ouverts aux femmes, mais non celui du pastorat de plein droit. Il y a certes aujourd’hui des femmes pasteures dans cette Eglise, mais elles n’exercent pas leur ministère de plein droit. Certaines d’entre elles ont été consacrées dans d’autres Eglises.
La justification présentée par les partisans de l’abolition porte sur la pénibilité physique et les énormes difficultés matérielles du ministère pastoral dans cette région très pauvre. Une autre justification que fait valoir l’Eglise réformée d’Ukraine se réfère à la Confession helvétique postérieure de Heinrich Bullinger. Dans leur lettre commune, envoyée en Ukraine, la FEPS et l’EPER récusent la pertinence de cet argument. «Le texte de 1566 ne traite pas du ministère pastoral en tant que tel, mais bien du baptême des nouveaux-nés, souvent pratiqué en dehors de la communauté paroissiale».
Dans un communiqué rendu public mercredi, la FEPS et l’EPER, considèrent que la décision en question constitue un net recul par rapport à la compréhension et à la pratique théologiques des Eglises évangéliques en Europe, même si ces dernières ont longtemps peiné à reconnaître le ministère pastoral féminin.
La FEPS et l’EPER expriment l’espoir de voir le Synode de l’Eglise réformée d’Ukraine revenir sur cette décision, sous peine, craignent-elles, que cela n’entraîne une scission à l’intérieur de l’Eglise tout en portant atteinte aux relations avec les autres Eglises membres de l’Alliance réformée mondiale (ARM) et la Communion d’Églises protestantes en Europe (CEPE). (apic/com/pr)




