Le cardinal Trujillo rappelle les positions traditionnelles de l’Eglise
Rome: La clameur suscitée par le document sur la procréation humaine qualifiée de ’positive’
Rome, 14 juin 2006 (Apic) La clameur suscitée par le document du Vatican sur la procréation humaine est qualifiée de «positive» par le cardinal Lopez Trujillo. Dans le quotidien italien «La Repubblica» du 14 juin 2006, le président du Conseil pontifical pour la famille a rappelé les positions traditionnelles de l’Eglise sur les «unions de fait» et l’avortement.
Le prélat colombien n’a pas souhaité commenter les propos du cardinal Martini, ancien archevêque de Milan, sur cette question controversée. «La clameur suscitée par le texte est positive. On en parle beaucoup, pas seulement en Italie», a ainsi commenté le cardinal interrogé sur le tollé crée par la publication de «Famille et procréation humaine» le 6 juin dernier. «Il n’y a pas seulement eu des critiques mais beaucoup de consensus», a-t-il estimé.
La fécondation, «don du Seigneur» et non produit de la science et de la technique
«Nous n’avons rien ajouté qui soit en-dehors de la tradition ecclésiale. Nous avons répété les enseignements moraux traditionnels de l’Eglise, à partir de la défense de la famille et du mariage», a par ailleurs expliqué le cardinal Lopez Trujillo. Le texte de 60 pages publié le 6 juin dernier rappelle ainsi «que la famille et la fécondation sont des dons du Seigneur et non des ’produits’ de la science et de la technique». Il est aussi revenu sur le fait que, «sans cette vérité, existe le risque de rabaisser la doctrine de l’Eglise qui veut que dans la procréation tout parte de l’amour conjugal entre un homme et une femme».
Une certaine conception «scientiste et matérialiste» de la bioéthique
Concernant la recherche, il faut être prudent, particulièrement sur les embryons et sur la congélation des gamètes, a par ailleurs souligné le cardinal. «Mais ce qui préoccupe le plus l’Eglise, c’est surtout une certaine conception scientiste et matérialiste de la bioéthique et, en conséquence, de la vie».
«L’homme politique qui n’observe pas les enseignements moraux catholiques est cordialement invité à relire la doctrine de l’Eglise, les arguments anthropologiques et les vérités qui ont une validité en soi et pour soi, non d’un point de vue de la foi mais simplement du point de vue humain», a par ailleurs déclaré le chef de dicastère interrogé sur la question. Et de souligner que ce document est pour cela «un support utile».
Avortement égale excommunication
Au niveau de l’avortement, il a effectivement affirmé que dans le nouveau code de droit canon, au paragraphe 1398, «il est écrit clairement que celui qui commet le péché d’avortement risque l’excommunication». Et «jusqu’ici, aucun pontife n’a changé cette norme».
Interrogé sur la raison le poussant à ne pas reconnaître les «unions de fait», notamment homosexuelles, le cardinal a expliqué qu’il «ne voulait pas toucher ces aspects particuliers».
«En la matière, la doctrine de l’Eglise est claire, même si on dit qu’elle est dure, voire même injuste», a-t-il expliqué. «L’Eglise est pour le mariage entre un homme et une femme». «Mais ceux qui vivent d’autres expériences doivent être respectés sans discriminations», a-t-il néanmoins précisé.
Sur le fait que l’Eglise puisse perdre une partie de ses fidèles par ses positions différentes de celles des hommes politiques, il a reconnu «qu’il y avait un certain risque». «Mais l’espoir est qu’une vérité claire qui provient du projet de Dieu fasse beaucoup de bien aux hommes, aux époux, aux enfants et je suis sûr que bientôt elle sera écoutée par ceux qui sont en désaccord», a-t-il indiqué.
Prudence sur les propos du cardinal Martini
Les positions du cardinal Martini, dont l’approche des «couples de fait», de la recherche scientifique et de l’utilisation des embryons, est différente de la sienne, comme on peut le constater dans une interview donnée à l’Espresso le 21 avril 2006. Le cardinal Lopez Trujillo a cependant fait preuve de prudence «parce que des opinions partielles et incomplètes sont parfois rapportées par les journaux».
«Je ne voudrais pas toucher à ce thème, parce que de ce que j’ai lu sur les journaux n’émerge pas une position en accord avec la doctrine de l’Eglise», a-t-il néanmoins affirmé. Le Conseil pontifical pour la famille a appelé à «la procréation responsable» dans le cadre de la famille, de la société et de l’Eglise et réitère les condamnations des unions homosexuelles, des manipulations génétiques, de la contraception, de l’avortement et du divorce, dans un document intitulé «Famille et procréation humain»e, rendu public le 6 juin 2006. Cette étude propre au dicastère chargé de la famille a créé certaines polémiques, notamment en Italie, en raison de la dureté de certains propos. (apic/imedia/ar/be)




