L’Osservatore Romano condamne fermement cette décision
Rome: Parlement européen favorable à la recherche sur les cellules souches d’embryons
Rome, 16 juin 2006 (Apic) ’Un laïcisme borné viole la dignité de l’homme’, titre l’éditorial de L’Osservatore Romano du 16-17 juin 2006. Le quotidien du Saint-Siège critique ainsi sévèrement la décision du Parlement européen de permettre la recherche sur les cellules souches embryonnaires pour la période 2007-2013.
Ce que le Parlement de Strasbourg fait est «une erreur fondamentale: une conception profondément erronée, construite sur une conception tragiquement utilitariste», explique L’Osservatore romano. «Et l’Europe, fille du 20e siècle, née en opposition aux aberrations de ce siècle, devrait être sensible aux effets auxquels une telle position, une fois rendue extrême, peut conduire», estime-t-il.
«Intolérante pour admettre les racines chrétiennes de son identité, l’Europe semble aujourd’hui prétendre se reconnaître autour d’un laïcisme aveugle, qui nie non seulement les convictions religieuses de la majorité de sa population, mais aussi les doits inviolables de la personne, outre la dignité de l’homme», poursuit le quotidien. Elle «refuse les principes inscrits dans la nature humaine même et donc communs à toute l’humanité», regrette-t-il. Et d’ajouter «un bouleversement inacceptable du dessein de Dieu sur l’homme».
Les épiscopats européens dénoncent aussi la décision
L’article, daté du 16 juin et écrit de Strasbourg, rapporte aussi les propos de la COMECE (Commission des épiscopats de la communauté européenne) au sujet de la décision de l’instance européenne de favoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. «Scientifiquement, il n’existe aucune raison morale pour distinguer un embryon aux prémices de sa vie et un embryon après son implantation dans l’utérus ou après 14 jours», a-t-elle ainsi souligné le 15 juin, par la voix de Mgr Noël Treanor, son secrétaire général. Pour lui, «la dignité humaine ne dépend pas – et ne doit pas être rendue dépendante – des décisions d’autres personnes». «Toute vie humaine commence à sa conception et nécessite une protection particulière quand elle est créée en dehors du corps de la femme», poursuit-il dans sa déclaration, précisant que «la vie humaine ne doit jamais être instrumentalisée». Et de conclure «nous rappelons dès lors notre opposition de principe à la destruction de tout embryon humain et à l’utilisation des cellules souches embryonnaires humaines».
Le Parlement européen a voté en première lecture, le 15 juin, la proposition relative au 7e Programme-cadre de recherche, et a demandé le financement communautaire de la recherche sur des embryons humains et des cellules souches embryonnaires humaines, pour la période 2007-2013. Les parlementaires européens ont approuvé par 284 voix, contre 249 voix et 32 abstentions, l’amendement de la Commission européenne qui ouvre la voie au financement de la recherche sur les embryons et proroge le système déjà en vigueur depuis 5 ans. (apic/imedia/ar/bb)




