Programmes préventifs pour mettre fin à cette exploitation

Inde: Le diocèse d’Ambikapur lutte contre le trafic d’êtres humains

New Delhi, 19 juin 2006 (Apic) Le diocèse d’Ambikapur, dans l’Etat du Chhattisgarh, au centre de l’Inde, lutte contre le trafic d’êtres humains organisé vers les mégalopoles indiennes en développant des programmes de prévention et d’éducation. Une véritable exploitation humaine à grande échelle, rendue possible par deux facteurs: la pauvreté et l’ignorance.

Depuis que des milliers de jeunes filles aborigènes illettrées originaires du diocèse d’Ambikapur ont été victimes de trafic d’êtres humains par des agents qui leur proposaient de travailler comme domestiques dans des institutions catholiques de Delhi, de Mumbai (Bombay), ou dans l’Etat de Goa, le diocèse a mis en place différents programmes de prévention, d’éducation et de réinsertion, en lien avec les religieuses ursulines de Delhi.

«Quand les filles du village voient arriver une jeune fille de la ville bien habillée, elles veulent toutes aller travailler en ville, commente pour Eglises d’Asie Monica Ekka, une responsable catholique aborigène. Elles n’écoutent pas leurs parents et suivent des agents qui, après de belles promesses, les exploitent».

Selon le Père Lakra, c’est en développant des programmes éducatifs, en ouvrant des écoles techniques et en mettant en place une campagne de prévention contre les risques encourus par les personnes susceptibles de «suivre des agents», qu’on arrivera à réduire le nombre de victimes des trafics d’êtres humains dans la région. En plus d’assurer une formation professionnelle, le diocèse prévoit également de réinsérer professionnellement les jeunes filles, en leur proposant un emploi au sein de congrégations religieuses.

C’est en mai 2005 que les soeurs Sophia et Pratiti, ursulines travaillant à Delhi auprès de filles «rescapées» des trafics humains, ont organisé le premier séminaire de conscientisation pour les prêtres et les religieuses du diocèse d’Ambikapur. Récemment, quatre personnes du diocèse ont été envoyées auprès d’elles pour suivre une formation, afin de pouvoir, par la suite, organiser des campagnes de prévention dans les paroisses, les écoles et les villages du diocèse.

Exploitée du matin au soir

«Je ne connaissais pas les dangers encourus», confie Kamala Ekka, sortie d’affaire grâce aux religieuses ursulines. Le mois dernier, Kamala avait été emmenée à Delhi, par l’intermédiaire d’un agent, sur une promesse d’emploi au sein d’une «mission catholique». En fait, elle a été «vendue à une très grande maison hindoue». «Je devais faire toutes sortes de travaux ingrats, de l’aube jusqu’au coucher du soleil, et je n’avais qu’une maigre portion de nourriture, deux fois par jour ; je n’avais pas le droit d’écrire ni de téléphoner à ma famille et je devais dormir près des toilettes», témoigne la jeune fille de 17 ans. Selon Kamala, quelque 6’000 à 7’000 villageois aborigènes, dont des hommes et des femmes mariées, sont victimes de ces travaux forcés à Delhi.

Afin de limiter le nombre de victimes, le diocèse a également prévu de procéder à une enquête, en lien avec les services de police, des ONG, et les villageois, ces derniers étant régulièrement contactés par les agents. (apic/eda/pr)

19 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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