Mgr Lajolo appelle les pays du Conseil des droits de l’homme à une attitude exemplaire

Intervention du «ministre» du Vatican à la session de l’ONU

Rome, 20 juin 2006 (Apic) Devant la situation «préoccupante» des droits humains dans le monde, Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a invité les pays membres du Conseil des droits de l’homme à «une attitude exemplaire». Le ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican est intervenu dans l’après-midi du 20 juin 2006 à Genève, au deuxième jour de la première session de ce nouveau conseil des Nations unies.

«Une vision panoramique du monde nous montre que la situation des droits humains est préoccupante», a lancé Mgr Lajolo devant l’assemblée du Conseil des droits de l’homme à Genève. Mentionnant la Déclaration universelle des Droits de l’homme et les traités internationaux, Mgr Giovanni Lajolo a alors considéré qu’il n’existait «aucun (droit) qui ne soit gravement violé dans de nombreux pays, malheureusement aussi chez certains membres du nouveau Conseil».

Au nom du Saint-Siège, Mgr Lajolo a ainsi appelé «tous les pays» du Conseil des droits de l’homme à «une attitude exemplaire, qui se concrétise par un examen sincère et profond des limites injustement imposées aux droits humains – avant tout à l’intérieur de leur propre territoire – et qu’ils s’emploient à rétablir ces droits dans leur intégrité, en suivant les orientations impartiales de la Communauté internationale».

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats est intervenu à Genève devant les membres du tout nouveau Conseil des droits de l’homme, institution visant à «promouvoir et défendre le respect de toutes les libertés fondamentales pour tous». Le 9 mai dernier, à New York, avait eu lieu l’élection des 47 membres de ce conseil, parmi lesquels l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Arabie saoudite, la Chine, l’Inde, le Sri Lanka, Cuba, la France, la Suisse, les Pays-Bas ou la Russie.

A Genève, Mgr Lajolo a aussi souligné que «la dignité de l’homme» était le «fondement ultime de tout système juridique». «Il s’agit d’un développement irréversible mais, dans le même temps, il est facile de constater qu’en de nombreux pays, la réalisation de ce principe suprême n’a pas été accompagnée d’un respect effectif des droits humains». Selon lui, «il existe des gouvernements qui continuent de penser que c’est le pouvoir qui détermine, en dernière analyse, le contenu des droits humains et qui, en conséquence, se croient autorisés à recourir à des pratiques aberrantes».

Le diplomate a ensuite dressé une liste de quelques exemples des droits les plus bafoués: «Imposer le contrôle des naissances; nier en certaines circonstances le droit à la vie; prétendre contrôler la conscience des citoyens et l’accès à l’information; nier l’accès à un procès judiciaire public et au droit d’assurer sa défense; réprimer les dissidents politiques; limiter indistinctement l’immigration; permettre de travailler dans des conditions dégradantes; accepter la discrimination de la femme, restreindre le droit d’association». Mgr Lajolo a rappelé la responsabilité individuelle et collective des différents Etats membres du Conseil.

A propos des «droits à la liberté de conscience et à la liberté religieuse», Mgr Lajolo a évoqué cet «espace intime et fondamental de la liberté que les autorités de l’Etat doivent sauvegarder et non pas bafouer, respecter et non pas violer». «Dans ce domaine, chaque violation par la force est une violation du domaine réservé à Dieu», a-t-il insisté.

Hommes et femmes égaux en droits

«Aucun pays, a lancé le prélat, quels que soient les circonstances et son degré de développement économique, ne peut se soustraire à l’obligation stricte de respecter tous les droits de l’homme». «Ces derniers ne peuvent pas être plus étendus en certaines cultures qu’en d’autres», a-t-il encore affirmé, expliquant qu’il «n’existe pas de pays dans lequel les hommes et les femmes auraient un degré de dignité humaine inférieur aux hommes et aux femmes d’autres pays».

L’ouverture de la première session du nouveau Conseil des droits de l’homme, le 19 juin, à Genève, a marqué une «ère nouvelle», selon le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, qui a aussi estimé que ce nouvel organe donnait à l’ONU la chance de «reprendre la lutte pour les droits de l’homme» avec plus de «vigueur».

Cette première session, qui se tient jusqu’au 30 juin, rassemble des représentants de haut niveau de plus d’une centaine de pays et doit permettre aux délégués d’engager un travail concret afin «d’amener le Conseil à consolider les atouts avérés de son prédécesseur – la Commission des droits de l’homme -, tout en y adjoignant des éléments susceptibles de le renforcer et d’en faire un organe plus efficace». (apic/imedia/ami/cp/pr)

20 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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