Montée des islamistes et fragile accord avec le gouvernement

Somalie: Nouveau Chef de l’Union des tribunaux islamiques (UTI)

Mogadiscio, 26 juin 2006 (Apic) Sheikh Hassan Dahir Aweys, 62 ans, fondateur présumé d’un mouvement radical islamique, est depuis le 24 juin le responsable du nouveau «Somali Supreme Islamic Courts Council». Avec leur avancée fulgurante et l’instauration de la charia dans les villes occupées, la communauté internationale craint de voir la Somalie donner le jour à un régime proche de celui des talibans en Afghanistan

Après avoir fait tomber Mogadiscio et Jowhar, les milices islamiques ont continué leur progression au Nord de la Somalie. Avec leur avancée fulgurante et l’instauration de la charia dans les villes occupées, la communauté internationale craint de voir la Somalie sombrer dans le terrorisme et donner le jour à un régime proche de celui des talibans en Afghanistan.

Ainsi le nouveau responsable du «Somali Supreme Islamic Courts Council» (Union des Tribunaux islamiques, UTI) serait le fondateur présumé d’un mouvement radical islamique. Des sources journalistiques, en particulier américaines, ont avancé que le personnage figure sur la liste des terroristes présumés qui pourraient être ou avoir été liés à Al-Qaïda. Mais selon des sources que cite l’agence catholique Misna, après la rencontre à Khartoum jeudi 22 juin entre les milices des Tribunaux islamiques, qui contrôlent Mogadiscio, et le gouvernement de transition somalien, la situation semble plus complexe que ces médias ne le laissent entendre.

Pour l’instant, selon des sources journalistiques de Washington et de Mogadiscio, citées par Misna, le nouveau Conseil de l’UTI, où 88 autres représentants de l’Union des tribunaux islamique ont été nommés, tiendrait la porte ouverte aussi bien aux négociations internes entre les divers groupes islamiques qu’au dialogue avec le gouvernement de transition, qui siège à Baidoa, faute d’avoir pu s’installer à Mogadiscio. Ce dernier a prévu une seconde rencontre le 15 juillet à Khartoum, au Soudan. Les négociations porteront sur un cessez-le-feu et un partage du pouvoir.

Journalistes tués dans les manifestations entre factions islamistes

Dans l’incertitude qui prévaut, de nombreuses manifestations ont eu lieu depuis début juin. Le 23 juin, pour soutenir l’accord de reconnaissance mutuelle signé la veille au Soudan entre les responsables des milices des Tribunaux islamiques et le gouvernement de transition somalien, 3’000 personnes étaient rassemblées lorsqu’un reporter a été tué. Martin Adler, reporter suédois, couvrait l’événement. Au coeur de la manifestation, un homme a tiré un coup de feu à bout portant sur le journaliste âgé de 47 ans. Plusieurs autres meurtres, dans le passé, ont été commis de manière comparable, comme celui de la productrice de la BBC, Kate Peyton, en 2005.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique, est déchirée depuis 1991 par une guerre civile entre factions islamistes. Des institutions politiques de transition, mises en place depuis 2004, s’avèrent incapables de rétablir l’ordre. La tension était montée en particulier entre le gouvernement intérimaire et l’Union des tribunaux islamiques (UTI) depuis que les islamistes ont chassé les chefs de guerre, qui faisaient la loi par les armes depuis 15 ans à Mogadiscio et s’étaient emparés de la majeure partie du sud.

Revers pour les Etats-Unis

Selon certains observateurs, cités par l’agence Reuters la victoire des islamistes en Somalie est un revers pour les Etats-Unis, qui soutenaient les chefs de guerre au nom de la lutte contre le terrorisme. Pour sa part, la secrétaire d’Etat américaine déléguée aux affaires africaines Jendayi Frazer, a rappelé mercredi soir 21 juin à Nairobi que Washington souhaitait que la Somalie ne soit pas un havre de paix pour les terroristes étrangers. «Il est évident qu’il y a des terroristes étrangers en Somalie (…) Nous devons travailler avec toutes les parties. (apic/misna/ag/vb)

26 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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