Inde: Les explosions de Mumbai dépassent tout entendement, affirment les Eglises
Un «crime odieux», qui a fait 183 morts
Delhi, 12 juillet 2006 (Apic) Les attentats qui ont fait pour l’heure 183 morts et 714 blessés à Mumbai (Bombay), la capitale financière indienne, «dépassent tout entendement». Elles constituent un «crime odieux» qui a anéanti les vies d’un grand nombre de familles innocentes, ont déclaré les Eglise indiennes.
Les Eglises d’Inde se sont jointes à la condamnation générale des sept explosions à la bombe qui ont frappé Mumbai le 11 juillet, rapporte l’agence oecuménique ENI. Faisant part de «son bouleversement et sa consternation», le Conseil national des Eglises d’Inde (NCCI), qui regroupe 29 Eglises chrétiennes orthodoxes et protestantes, a déclaré: «Nous exprimons nos sincères condoléances aux familles endeuillées et condamnons cet acte inhumain qui dépasse tout entendement». «Il s’agit d’un acte d’agression manifeste sur des personnes sans défense et il faut que tous les concernés réagissent avec courage et détermination», a fait savoir la Conférence épiscopale de l’Inde dans une déclaration condamnant vigoureusement ces explosions.
La plupart des bombes ont explosé dans des compartiments de train de 1ère classe et ont eu lieu à en l’espace de 11 minutes à l’heure de pointe, au moment où les cadres rentraient chez eux, pour beaucoup en train. Les chemins de fer sont des artères vitales pour la ville la plus peuplée d’Inde, qui compte environ 20 millions d’habitants dont plus de la moitié vit dans des bidonvilles ou dans une extrême pauvreté. Les rapports de polices tombés le 23 juillet font état de 183 morts et 714 blessés.
Les regards se portent sur des extrémistes du Cachemire
Aucun groupe n’a revendiqué cet attentat. Les médias indiens ont évoqué l’idée qu’il soit l’oeuvre de militants pakistanais qui luttent contre la présence de l’Inde au Cachemire. «Cela nous rappelle les explosions en série de 1993», a déclaré le Conseil en faisant référence aux 13 explosions quasi-simultanées qui avaient frappé Mumbai en février 1993 et qui avaient causé la mort de plus de 250 personnes. «Le mode opératoire semble similaire à celui utilisé par le Lashkar-e-Taiba», un groupe extrémiste islamiste actif au Cachemire indien en proie à une insurrection séparatiste depuis 1989, a déclaré pour sa part P.S Pasricha, chef de la police de l’Etat du Maharashtra.
Le premier ministre indien Manmohan Singh a déclaré: «La série d’explosions au Jammu-et-Cachemire et à Mumbai sont des tentatives choquantes et lâches visant à répandre un climat d’angoisse et de terreur parmi nos citoyens». Les explosions de Mumbai ont été précédées de cinq explosions à Srinagar, la capitale de l’Etat indien du Cachemire, où huit personnes ont trouvé la mort plus tôt dans la journée.
«Il s’agit d’un acte brutal et inhumain», a déclaré le 12 juillet au correspondant d’ENI Geevarghese Mar Coorilos, métropolite du diocèse de Bombay de l’Eglise orthodoxe syrienne de Malankara. Il a salué l’attitude des habitants de Mumbai, qui ont rapidement repris le cours normal de leur vie. Le métropolite, ancien président du NCCI, a cependant souligné que «de nombreuses familles ont été anéanties par ces explosions», y compris des familles de son Eglise qui devaient subir des traitements en urgence dans les hôpitaux pour des blessures dues aux explosions.
L’Alliance réformée mondiale, basée à Genève, a fait parvenir un message de soutien aux Eglises d’Inde du sud, l’un de ses membres. «Nous trouvons monstrueux que ces actes criminels et violents continuent de tourmenter notre époque», a écrit le Secrétaire général de l’Alliance, le pasteur Setri Nyomi. (apic/eni/bb)




