Le Conseil des ministres satisfait les chercheurs
UE: Poursuite du subventionnement sur les cellules-souches
Bruxelles, 25 juillet 2006 (Apic) Le Conseil des ministres de l’Union européenne a approuvé la poursuite du subventionnement à la recherche pour les années 2007-2013 et en particulier de la recherche sur les cellules-souches embryonnaires.
Certains pays se sont opposés au renouvellement du budget de l’Union européenne consacré à la recherche sur les cellules-souches, qui représente une faible partie du budget consacré à la recherche dans l’UE, soit 50,4 millions, mais les scientifiques ont à nouveau insisté sur l’espoir que ces recherches donnent, dans le traitement de maladies comme l’Alzeimer et la maladie de Parkinson. Pour le Commissaire à la science et à la recherche Janez Potocnik, l’UE clarifie ce qu’elle est présentement en train de réaliser avec la recherche scientifique. Il a encore précisé que l’UE ne financera pas la fabrication de celllules-souches embryonnaires – un processus qui résulte de la mort de l’embryon – mais qu’elle «financera les pas subséquents permettant d’utiliser les cellules».
Les cellules sont prélevées sur des embryons humains laissés de côté dans les traitements contre la fertilité. Cinq pays ont voté contre la décision de poursuivre cette recherche: Autriche, Lituanie, Malte, Pologne et Slovaquie. Les pays suivants ont en outre émis de sérieuses réserves: Allemagne, Italie, Luxembourg. Ceux qui ont approuvé la poursuite de la recherche sur les cellules-souches: Belgique, Finlande, France, Portugal, Espagne, Suède. La ministre allemande de la recherche Annette Schavan a déclaré pour sa part: «Nous devons conserver la vie humaine dès sa conception. Nous ne voulons pas d’incitations financières à tuer des embryons».
Le parlement européen doit encore approuver le compromis des ministres, mais Janez Potocnik pense que cela ne posera pas de problème. L’Eglise catholique romaine elle a toujours été farouchement contre ce type de recherches, pour des raisons dues au respect de la vie. En Allemagne, ajoutent les commentateurs, c’est pour d’autres raisons: les mémoires sont encore marquées par les expériences scientifiques des savants nazis.
La Suisse a voté sur la Loi relative à la recherche sur les cellules-souches fin 2004
En Suisse la votation fédérale du 28 novembre 2004 sur la Loi relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires (LHR) a abouti à une acceptation du projet, avec une participation de 36.85%. Quant à la Commission de bioéthique de la Conférence des évêques suisses, elle saluait la volonté d’unifier les législations et pratiques multiples en la matière mais déplorait l’»utilitarisme» de la LRH, reconnaissant que celle-ci visait à réglementer de manière claire toute recherche sur l’être humain.
La CES dénonçait «la stratégie ayant consisté à détacher la question de l’embryon in vitro de la LRH». Pour la Commission des évêques, la différence de statut entre embryon in vivo et embryon in vitro n’est pas acceptable. Elle suppose en effet qu’un changement circonstanciel modifie la nature de l’embryon humain.
Les Eglises protestantes de Suisse approuvaient la Loi relative aux cellules-souches
Les Eglises protestantes de Suisse (FEPS) au contraire avaient approuvé le projet de Loi fédérale relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Selon un communiqué, la FEPS avait élaboré une prise de position nuancée en vue de la votation fédérale du 28 novembre 2004. De l’avis du Conseil de la FEPS, une régulation dans ce domaine était nécessaire. Le Conseil de la FEPS était favorable à l’idée d’encadrer les différents domaines de la recherche par des dispositions légales.
La recherche sur les cellules souches embryonnaires est un sujet complexe qui soulève des questions éthiques, anthropologiques, économiques et sociales fondamentales, relevait en substance la FEPS
Dans ses considérations, le Conseil de la FEPS approuvait en fin de compte la nouvelle loi relative à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Il estimait éthiquement défendable d’utiliser les embryons pour la recherche plutôt que de les détruire. Le cadre suffisamment contraignant fixé par la loi et la place donnée par la loi au consentement du couple concerné répondaient à ses yeux de manière satisfaisante aux considérations théologiques et éthiques formulées par la FEPS. Elle estimait en outre qu’en autorisant le développement de recherches qui permettront peut-être de soigner certaines maladies actuellement incurables et en instaurant des dispositions légales visant à éviter au maximum les abus dans l’utilisation des cellules souches embryonnaires, la nouvelle loi suisse allait dans la bonne direction.
Aux Etats-Unis, après le veto du président Bush contre une loi sur les cellules souches d’embryons in vitro, le 19 juillet, adoptée pourtant par le Sénat le 18, les scientifiques réagissent amèrement. (apic/ces/be/bbcnews/vb)




