Pakistan : un évêque renonce à sa nationalité
Pour protester contre la «haine» envers les chrétiens
New Dehli/Inde, 28 août 2006 (Apic) Au Pakistan, un évêque a renoncé à sa nationalité pour protester contre la discrimination et la haine dont souffre, selon lui, la communauté chrétienne.
Au Pakistan, deuxième plus grand pays musulman du monde, «les chrétiens, y compris moi-même, doivent faire face à une haine, une discrimination et une hostilité extrêmes de la part des musulmans». «Nous sommes indésirables au Pakistan» écrit l’évêque Timotheus Nasir, président de l’Eglise presbytérienne unie du Pakistan (UPCP), dans une lettre adressée début août au président pakistanais Pervez Musharraf.
L’évêque Nasir a déclaré au président : «Il ne m’est plus possible de porter le fardeau d’une citoyenneté limitée, estropiée et sans signification, celle de votre Pakistan. C’est pourquoi je me défais de la citoyenneté pakistanaise».
Avec la lettre, l’évêque a joint une copie de sa carte d’identité nationale en demandant au président de lui délivrer ainsi qu’à sa famille, des cartes d’identité de «résidents non pakistanais».
Un document pour simple résident, sinon l’expulsion
Si cette requête ne pouvait être acceptée, l’évêque Nasir demande au gouvernement de le déclarer persona non grata et de l’expulser vers un pays non musulman. Afin de ne plus avoir à supporter les insultes sur sa «religion, la Sainte Bible et la sainte personne du Christ».
Lorsqu’il a été contacté par téléphone par le correspondant de l’agence oecuménique ENI, l’évêque Nasir a déclaré qu’»il ne restait plus d’autre option». Il a souligné que «les persécutions dont sont victimes les chrétiens se sont aggravées ces dernières années». Mais que «le gouvernement ne fait rien pour améliorer la situation».
Des églises chrétiennes ont été brûlées et les chrétiens subissent une discrimination «à tous les niveaux, et même des agressions physiques», a déploré l’évêque Nasir, à la tête d’une Eglise qui compte selon ses estimations, 100 ’000 membres. Il y aurait au Pakistan jusqu’à trois millions de chrétiens sur les 162 millions d’habitants du pays, dont plus de 95 % sont musulmans.
Interviewé sur l’éventualité de renoncer également à sa pension de militaire retraité une fois sa nationalité abandonnée, l’évêque, qui est aussi gradé dans l’armée, a déclaré : «Désormais c’est au gouvernement de décider d’accepter ma demande et ensuite d’arrêter de me verser ma pension».
En mai 1998, Mgr John Joseph, l’évêque catholique romain de Faislabad s’était suicidé pour protester contre une loi draconienne sur le blasphème qui, selon les chrétiens, représentait un outil important de harcèlement contre eux. (apic/eni/vb)




