Benoît XVI en toute liberté devant les prêtres du diocèse d’Albano
Rome: Ni Hitler ni le marxisme n’ont pu détruire le catholicisme
Rome, 31 août 2006 (Apic) «Ni Hitler ni le marxisme n’ont réussi à détruire le catholicisme», a lancé Benoît XVI devant quelque 120 prêtres du diocèse italien d’Albano, dans sa résidence de Castel Gandolfo, le 31 août 2006. Le pape, qui improvisait, a longuement répondu à 5 questions posées par des prêtres sur leur vie quotidienne, la pastorale, la liturgie, la famille ou les jeunes.
«La foi est plus forte que tous les courants qui vont et viennent», a souligné Benoît XVI devant les prêtres, dans des propos improvisés. «Hitler a dit une fois : ’la Providence m’a appelé, moi, pour en finir finalement avec le catholicisme car je suis catholique’. Hitler était convaincu que seul un catholique pouvait détruire le catholicisme et qu’il avait tous les moyens de le faire», a rapporté le pape allemand avec une voix grave, avant de citer aussi «le courant marxiste» qui voulait également en finir avec l’Eglise. «Mais les paroles du Christ sont plus fortes», a soutenu le souverain pontife.
Interrogé sur le travail pastoral des prêtres, Benoît XVI a présenté les sacrements de l’Eglise comme des «occasions missionnaires». Il a ainsi évoqué le sacrement de mariage, notant que beaucoup de jeunes «veulent se marier à l’Eglise même s’il n’utilisent pas beaucoup l’Eglise en d’autres occasions». Il s’ensuit qu’il s’agit «d’une opportunité pour les mettre face à la réalité du mariage chrétien». Le pape a aussi mentionné certains divorcés remariés, «qui veulent pouvoir communier et ne comprennent pas pourquoi ce n’est pas possible, probablement parce qu’ils n’ont pas compris lors de leur ’oui’ devant le Seigneur de quoi il s’agissait».
Les couples qui ont surmonté leur volonté de se séparer.
Abordant le thème de la famille, le souverain pontife est revenu sur l’expérience de son déplacement à Valence (Espagne), au début du mois de juillet dernier, pour la Rencontre mondiale des familles, et sur les témoignages venant de certains couples «qui avaient réussi à dépasser leur crise et la volonté de se séparer». Aujourd’hui, au contraire, «si la crise survient», face à la différence des tempéraments et à la difficulté de se supporter tous les jours (.) on dit alors, ’séparons-nous’», a regretté Benoît XVI. Selon lui, les témoignages entendus à Valence ont permis d’apprendre l’importance de «supporter ces moments où l’on n’en peut plus». «Les prêtres, les jeunes et les adultes doivent apprendre la nécessité de la souffrance et des crises», car c’est «en supportant ceci que la vie devient riche» a expliqué le pape.
Il a aussi longuement commenté l’exercice quotidien des prêtres dans la ’Liturgie des heures’, une prière qui les aide dans «leur rencontre avec les gens d’aujourd’hui», afin de «porter Dieu» à des populations «assoiffées». Benoît XVI a aussi invité les prêtres à l’espérance, avant de lancer que l’Eglise était vivante. Il a ainsi évoqué «2000 ans d’histoire de l’Eglise avec tant de souffrances et tant de chutes», donnant l’exemple de l’Eglise en Asie mineure, de «la grande et florissante Eglise d’Afrique du Nord qui a disparu avec l’invasion musulmane».
«Nous voyons comment l’Eglise a ressuscité de tant de crises avec une nouvelle jeunesse et une nouvelle fraîcheur», a encore lancé le pape. Ce dernier a donné l’exemple des grands saints comme «sainte Thérèse d’Avila, saint Ignace de Loyola, saint Charles Borromée et d’autres», qui ont permis à l’Eglise de «resurgir». Le pape a aussi évoqué le Concile de Trente (1545-1563) qui a donné à l’Eglise «une nouvelle interprétation et une nouvelle revitalisation de sa doctrine».
«Le curé ne peut pas tout faire», a encore affirmé le pape devant la centaine de prêtres réunis devant lui, estimant qu’il ne devait pas être un soliste et avait besoin de l’aide des opérateurs pastoraux. En marge de cette question de pastorale, Benoît XVI a confié avoir lu, ces derniers jours, le projet d’Exhortation post-synodale du synode d’octobre 2005 sur l’eucharistie.
Benoît XVI a par ailleurs souligné que la première exigence d’une bonne célébration était que «le prêtre entre réellement en dialogue avec Dieu», qu’il se fasse «instrument du Seigneur», cherchant à «comprendre les paroles de Dieu à les transmettre au peuple». «Les textes de la messe ne sont pas des textes de théâtre», a encore déclaré le pape, mais «des prières dans lesquelles le prêtre, avec l’assemblée, parle avec Dieu».
La dernière question posée au pape par un prêtre a concerné les jeunes. Benoît XVI a souhaité que la pastorale des jeunes dépasse les limites de la paroisse et implique de nombreuses personnes. Il est important que les jeunes «ne soient pas laissés dans les discothèques» mais que des volontaires leur montrent qu’ils peuvent «faire quelque chose de bien pour l’humanité», leur permettant de s’engager et de trouver la piste positive de l’éthique chrétienne.
Le pape a enfin invité à ne pas réduire à un aspect la figure de saint François d’Assise, exemple pour les jeunes, car il n’était «pas seulement un écologiste et un pacifiste», mais surtout «un homme converti». «Saint François, a-t-il expliqué, était une espèce de playboy mais il a vu que ce n’était pas suffisant», et il s’est ouvert «à Dieu et aux autres». Benoît XVI, qui a pris la parole pendant près d’une heure et demie, a conclu la rencontre avec la prière de l’Angélus. (apic/imedia/ami/vb)




