Tarek Mitri dénonce la poursuite du blocus imposé par Israël
Liban: Les bombardements israéliens ont uni chrétiens et musulmans au Pays du Cèdre
Genève, 5 septembre 2006 (Apic) Le ministre libanais de la Culture Tarek Mitri affirme que les 34 jours de combats acharnés entre Israël et le Hezbollah ont renforcé l’unité entre les musulmans et les chrétiens du pays, bien que de nombreuses personnes s’interrogent sur le pourquoi de la guerre.
Ancien responsable des relations interreligieuses au Conseil oecuménique des Eglises à Genève, Tarek Mitri affirme que le Liban est toujours assiégé malgré la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies, votée le 12 août.
«Tous les jours, on entend parler de nouvelles conditions imposées par Israël,» a déclaré Tarek Mitri, qui affirme que le puissant voisin du Sud refuse de lever le blocus imposé début juillet. Israël invoque en effet divers arguments pour ne pas desserrer l’étau autour du Liban, notamment la non application, par la partie libanaise, de la résolution 1701 de l’ONU. Les deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah n’ont en effet pas été encore libérés de manière inconditionnelle, comme le demande la résolution onusienne. C’est la capture de deux soldats israéliens qui avait entraîné l’imposition d’un blocus et le sanglant bombardement du Liban durant tout un mois.
Le ministre libanais – auteur notamment du livre «Au nom de la Bible, au nom de l’Amérique» paru en septembre 2004, s’est exprimé lors de la réunion du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), où il a été responsable du dialogue entre chrétiens et musulmans entre 1991 et 2005.
«Le Liban se considère comme une société tolérante, pluraliste et démocratique,» a affirmé Tarek Mitri, qui a représenté son pays en tant que ministre étranger à l’ONU à New York en août, lors de l’élaboration de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unis qui visait à mettre un terme aux combats. Dans un discours adressé au Comité central, Tarek Mitri a déclaré que la population libanaise avait été encouragée par la solidarité manifestée par des organisations comme le COE, qui avait envoyé une délégation à Beyrouth, Jérusalem et Ramallah pendant les combats.
Non à la «diabolisation» au nom de la lutte contre le terrorisme
«Certains d’entre vous ont peut-être vécu dans des zones assiégées et l’arrivée d’amis provenant de différentes parties du monde est un don de Dieu,» a déclaré Tarek Mitri, qui a appelé l’organisation oecuménique non seulement à encourager l’arrivée de l’aide humanitaire, mais aussi à faire pression sur les gouvernements pour qu’ils recommencent à travailler sur le processus de paix dans la région.
«N’épargnez également aucun de vos efforts pour permettre à de petits pays comme le Liban de survivre,» a supplié le ministre libanais, spécialiste des relations entre chrétiens et musulmans dont les ouvrages sont publiés en arabe, français et anglais. «Cela signifie qu’il faut faire pression sur Israël.» A la question «comment les Eglises des Etats-Unis peuvent-elles aider le Liban ?», Mitri a répondu : «Les Américains dans leur ensemble et les Eglises en particulier ont un vrai rôle à jouer pour remettre en question la diabolisation globale des peuples et des religions sous couvert de guerre mondiale contre la terreur.» (apic/eni/be)




