Mexique: Le conflit se poursuit entre enseignants et gouvernement à Oaxaca
L’Eglise réclame des «solutions alternatives»
Mexico, 27 septembre 2006 (Apic) L’Eglise catholique du Mexique réclame des «solutions alternatives» pour résoudre le conflit qui oppose les enseignants à l’Etat d’Oaxaca. Conflit social qui a conduit à la grève et qui a fait plusieurs morts et blessés durant ces derniers quatre mois.
«Le conflit dans l’Etat (d’Oaxaca) est le produit d’une série de fautes, d’omissions et de complicités qui, au fil du temps, ont creusé une brèche difficile à combler à court terme. Les causes à l’origine de ce conflit nous appellent avec urgence à une participation consciente et active, mais en aucun cas violente. La pauvreté déchirante, l’injustice sociale et la corruption sont les causes de fond déjà mentionnées et elles doivent être affrontées sans attendre davantage» écrit dans un communiqué de presse la Conférence épiscopale mexicaine (Cem), signé par l’archevêque d’Antequera-Oaxaca, Mgr Josè Luis Chàvez Botello.
Depuis le 22 mai, quelque 70’000 enseignants ont engagé une grève, revendiquant dans un premier temps de classiques augmentations salariales puis, de plus en plus, la démission du gouverneur d’Oaxaca, le conservateur Ulises Ruiz, accusé de faire un usage personnel des forces de police locales, des institutions, mais aussi d’avoir été élu dans des conditions douteuses (en 2004) et d’avoir utilisé une bonne partie du budget public pour financer la campagne de Roberto Madrazo, candidat du Pri à la présidentielle controversée du 2 juillet dernier.
La violence incessante a débouché sur des affrontements de rues entre les enseignants et les policiers, mais aussi sur des attentats commis par de mystérieux paramilitaires, sans doute à la solde du gouverneur Ruiz, ayant causé une victime et des dizaines de blessés.
Urgence
Il est urgent de rechercher immédiatement «des solutions alternatives pour résoudre le conflit à Oaxaca, représentant déjà une dramatique urgence qui menace le présent et met en danger notre futur» relève le prélat dans son communiqué, selon qui «la violence n’a jamais été le moyen adéquat pour racheter un droit violé, pour résoudre n’importe quel problème et ne le sera jamais car il ne fait que produire de nouveaux conflits encore plus complexes».
De récents heurts dans la ville touristique d’Oaxaca ont encore fait deux blessés, au cours d’affrontements entre enseignants et forces de police en civil. Plusieurs établissements scolaires ont à nouveau ouvert leurs portes. Mais la grève des 70’000 enseignants de l’Etat se poursuit.
Reprise très partielle
Dans environ un millier (sur 14’000) d’écoles, les cours ont repris lundi, avec un mois de retard par rapport à la date officielle de réouverture; dans les salles de classe, les cours sont tenus par des enseignants provisoires, parfois même des parents d’élèves, tandis que M. Ruiz a lancé un dernier ultimatum aux professeurs, les invitant à retourner dans les salles de cours, risquant dans le cas contraire d’être licenciés tandis que des enseignants temporaires et d’autres régions seraient engagés.
Le recours à la force contre les grévistes a provoqué à Oaxaca au moins 2 morts et des dizaines de blessés.
Dans une situation de confusion générale, des groupes de paramilitaires ont attaqué les sièges des émetteurs radiotélévisés occupés par les manifestants, en ayant recours aux armes à feu. Selon les enseignants, le responsable de ces actions paramilitaires serait Ruiz, qui gérerait la police locale comme sa propre force personnelle. Le gouvernement fédéral – dirigé par le président Fox jusqu’au 1er décembre – a envoyé un représentant à Oaxaca, mais sa tentative de médiation a été jugée insuffisante par les enseignants. (apic/misna/pr)




