Malgré certains désaccords

Turquie: Bartholomée Ier se félicite des bonnes relations entre catholiques et orthodoxes

Istanbul, 1er octobre 2006 (Apic) A deux mois de la visite du pape Benoît XVI en Turquie, pendant laquelle il se rendra au siège du Patriarcat oecuménique de Constantinople, le patriarche Bartholomée Ier, «premier parmi ses pairs» dans la hiérarchie de l’Eglise orthodoxe, qui recevra le pape, se félicite des bonnes relations entre catholiques et orthodoxes.

«Dès le début de son pontificat, Benoît XVI a fait part de son estime pour l’Eglise d’Orient, sa théologie et sa spiritualité. C’est un bon signe pour l’avenir de nos relations», a souligné le patriarche Bartholomée Ier, devant un groupe de journalistes français en visite à Istanbul en septembre.

«En tant qu’éminent théologien, le pape est tout à fait en position d’apprécier la théologie et la spiritualité de l’Eglise d’Orient. C’est le trésor commun de l’Eglise du 1er millénaire qui peut servir de base solide à la réunification du christianisme», a-t-il ajouté.

Le patriarche de Constantinople s’est notamment félicité de la reprise officielle des discussions théologiques entre catholiques et orthodoxes. La commission internationale de dialogue théologique s’est réunie en session plénière à Belgrade, en Serbie, du 18 au 25 septembre pour aborder la question de l’autorité et de la conciliarité dans l’Eglise.

Toutefois, deux questions, selon le Patriarche oecuménique, font encore problème: la primauté de l’évêque de Rome, et ce que les orthodoxes appellent «l’uniatisme», c’est-à-dire des Eglises grecques-catholiques ou catholiques orientales qui sont fidèles a Rome mais pratiquent la liturgie byzantine.

A Baltimore, en 2000, la précédente réunion de la Session plénière s’était soldée par un échec sur cette dernière question. Pour le patriarche de Constantinople, le sujet demeure cependant préoccupant. «Il faut dire non au prosélytisme que mènent les uniates contre les catholiques. Ils utilisent les hôpitaux et les écoles pour attirer les enfants orthodoxes, affirme le patriarche. Cela crée de nouveaux problèmes», a commenté Bartholomée Ier.

Par ailleurs, le patriarche regrette toujours que Benoît XVI ait choisi d’abandonner officiellement, à l’occasion de la parution en mars dernier de l’Annuaire pontifical 2006, le titre de patriarche d’Occident. «La décision du pape a été une surprise pour nous», a-t-il déclaré.

Désaccord

Dans un communiqué, le Patriarcat de Constantinople avait signifié, au printemps, son désaccord. Pour calmer les craintes des Eglises orthodoxes, le Vatican avait rétorqué dans un communiqué que la «renonciation à ce titre souhaitait seulement exprimer un réalisme historique et théologique tout en pouvant aider le dialogue oecuménique».

Malgré la déclaration du Vatican, le patriarche redoute toujours que l’abandon du titre de patriarche d’Occident corresponde à une conception trop universelle de la papauté. L’Eglise du 1er millénaire ne conçoit pas un évêque qui aurait une juridiction étendue à travers le monde, précise Bartholomée Ier. Moi-même, patriarche de Constantinople, je ne peux aller célébrer dans le diocèse de Chalcédoine, qui est juste à coté, sans l’autorisation de l’évêque du lieu».

De fait, le responsable orthodoxe estime que le problème majeur qui demeure à régler avec l’Eglise catholique romaine porte sur la définition du rôle du pape. «Nous sommes prêts à reconnaître à l’évêque de Rome la primauté d’honneur qu’il avait avant le schisme», affirme le Patriarche oecuménique de Constantinople tout rappelant qu’il ne s’agit pas d’une autorité de juridiction.

Au cours de sa visite en Turquie, du 28 novembre au 1er décembre 2006, Benoît XVI se rendra à Istanbul et passera la journée du 30 novembre au Phanar à l’occasion de la fête de la Saint André, reconnu par l’Eglise de Constantinople comme son saint patron. (apic/eni/pr)

1 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!