Congo RDC: Le fondateur de la «Nouvelle Eglise Catholique Internationale» excommunié

L’abbé Louis Ngomo a créé une Eglise dissidente aux Etats-Unis

Tshumbe/Charlotte, 5 octobre 2006 (Apic) Après avoir fondé aux Etats-Unis sa propre Eglise – la «Nouvelle Eglise Catholique Internationale» – l’abbé congolais Louis Ngomo Okitembo s’est fait ordonner évêque de ladite Eglise. Il a donc été excommunié automatiquement (»latae sententiae»). L’évêque de son diocèse en République démocratique du Congo lui a lancé un ultimatum cette semaine: le dissident a trois mois pour revenir au bercail.

La cérémonie d’ordination à l’épiscopat du prêtre dissident, qui vit dans la ville américaine de Charlotte, en Caroline du Nord, a eu lieu cet été. Dans une lettre datée du 3 octobre, son évêque légitime, Mgr Nicolas Djomo Lola, évêque de Tshumbe, en République démocratique du Congo, a lancé à l’abbé Ngomo «une ultime invitation à résipiscence», «pour qu’il se désiste et qu’il réintègre l’Eglise catholique en renouvelant son obéissance au magistère de l’Eglise catholique et à ses pasteurs».

Sinon, poursuit son évêque, dans trois mois, à partir de la publication de cette déclaration, la procédure de son renvoi de l’état clérical sera engagée (Cf. can 1364, §2). L’abbé Louis Ngomo Okitembo a obtenu un doctorat à la Faculté de Théologie catholique de l’Université des Sciences humaines de Strasbourg II, avec une thèse intitulée «L’engagement politique de l’Eglise catholique au Zaïre (1960-1992)».

Un «comportement schismatique»

L’»évêque» congolais dissident vit dans la ville américaine de Charlotte depuis l’an 2000 où il avait déjà créé une Eglise oecuménique dénommée «Mount Tabor Ministries» (www.mounttaborministries.org). Dans son communiqué, Mgr Nicolas Djomo Lola écrit que «toute la famille diocésaine de Tshumbe et son évêque regrettent amèrement le désagrément et la peine causés à la communion ecclésiale par le comportement schismatique de ce prêtre et prient le Seigneur pour qu’il le prenne en pitié». Il lui demande instamment de réintégrer l’Eglise catholique sous peine des sanctions canoniques prévues.

Dans une «Déclaration spéciale» de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), Mgr Nicolas Djomo rappelle que l’abbé Louis Ngomo Okitembo, né le 14 décembre 1955, a été ordonné prêtre du diocèse de Tshumbe le 15 août 1982. Avec son ordination épiscopale sans l’aval du Vatican, il s’est placé «en dehors de la communion de l’Eglise catholique». Son évêque souligne qu’après avoir assumé différentes charges pastorales dans son diocèse d’origine, «il a été envoyé aux études en France où son témoignage de vie sacerdotale avait laissé trop à désirer».

Forcé de retourner à Tshumbe, «il n’a pas accepté de collaborer à notre ministère pastoral et il s’est exilé aux Etats-Unis». Les efforts du diocèse congolais pour l’aider à revenir à Tshumbe afin d’y exercer le ministère sacerdotal ou même pour régulariser sa situation comme prêtre aux USA n’ont pas été concluants «à cause de son caractère obstiné».

En janvier 2006, l’abbé Ngomo Okitembo avait tenu informé son diocèse d’origine sur son projet de passer à la soi-disant «Eglise catholique Indépendante» aux USA. Son évêque a alors tenté personnellement et par personnes interposées de le dissuader mais sans succès. «En dépit de nos conseils et nos monitions, malgré toutes nos démarches entreprises dans un esprit fraternel pour l’aider à revenir à la raison, il est resté impénitent et, hélas!, le 29 juillet 2006, il a reçu la prétendue ordination épiscopale dans la soi-disant Eglise Catholique Indépendante en Californie (USA)», souligne Mgr Nicolas Djomo.

Cette «Eglise Catholique Internationale» veut offrir une «alternative viable», affirme l’abbé dissident, bien qu’elle ressemble sur de nombreux points à l’Eglise catholique romaine (sacrements, liturgie, doctrine, ministères, etc..). Elle serait différente de celle-ci en particulier en matière de discipline ecclésiastique. «A la différence des autres Eglises catholiques indépendantes, affirme-t-il, l’Eglise Catholique Internationale croit à l’infaillibilité du pape et considère le Saint Père comme le chef suprême de l’Eglise universelle». (apic/cenco/com/be)

5 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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