Pologne: Intervention du représentant du Saint-Siège à la session de l’OSCE
«Les religions sont la solution aux problèmes interculturels»
Varsovie, 17 octobre 2006 (Apic) Le Saint-Siège a appuyé la thèse selon laquelle les religions seraient, en fait, la solution aux problèmes interculturels, lors de la réunion annuelle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le 12 octobre 2006.
Intervenant au cours de la réunion sur «la mise en oeuvre des engagements concernant les droits de l’homme» organisée à Varsovie (Pologne) du 2 au 13 octobre, le représentant du Saint-Siège, Mgr Ettore Balestrero, a aussi invité l’organisation à lutter contre l’intolérance et la discrimination à l’égard des chrétiens et des autres religions.
A Varsovie, devant les 56 Etats participant à la réunion sur les droits de l’homme, Mgr Balestrero a ainsi souligné l’importance des relations interculturelles et interreligieuses face «aux tentatives de provoquer un conflit de civilisations». «Aucune collaboration entre les cultures, les religions et les identités ethniques ne peut être établie sans connaissance mutuelle» a estimé le prélat, mettant ainsi l’accent sur «l’exigence» du dialogue.
«Aujourd’hui, les religions sont trop souvent instrumentalisées ou même considérées par erreur comme un élément du problème, alors qu’en fait, elles sont et devraient être vues comme une partie de la solution aux problèmes qui existent entre les différentes cultures et civilisations», a ainsi expliqué le membre de la Secrétairerie d’Etat.
En conséquence, l’OSCE devrait, à l’invitation de Benoît XVI, «ne pas considérer la raillerie du sacré comme un droit de la liberté», a exigé le représentant du Saint-Siège avant de citer un passage du discours du pape aux représentants du monde scientifique, à Ratisbonne, le 12 septembre dernier. «Une raison qui est sourde au divin et repousse les religions dans le domaine des sous-cultures est inapte au dialogue des cultures», avait ainsi affirmé le pape allemand lors d’un discours où certains propos sur l’Islam avaient ensuite déclenché une vaste polémique.
«Benoît XVI a également souligné que la religion ne devrait pas être associée à la violence, mais à la raison», a noté Mgr Ettore Balestrero, estimant que, «dans cette perspective, l’OSCE devrait continuer à s’assurer que les religions ne sont pas instrumentalisées par ceux qui poursuivent une stratégie de tension».
La responsabilité de l’éducation et des médias
Le représentant du Saint-Siège a ensuite relevé la «responsabilité particulière» du «système d’éducation» et des «médias» afin «d’éviter les stéréotypes, les déformations, les attitudes d’intolérance et les dépréciations fréquentes de la religion et de la culture». A ses yeux, «les religions ne peuvent plus travailler efficacement contre les stéréotypes si elles en sont elles-mêmes les victimes».
Le diplomate a ensuite présenté «quelques recommandations» visant à «favoriser la tolérance et le respect» comme «la lutte contre les préjudices, l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens et les membres d’autres religions». Mgr Balestrero a noté l’accroissement de «l’hostilité contre les chrétiens et leur religion», notant que «toutes les religions sont en danger aussi longtemps que l’une d’entre elles est victime des stéréotypes ou des préjudices». A ses yeux, il est temps de formuler des idées pratiques sur la façon de s’occuper de l’intolérance et de la discrimination contre les chrétiens, a réclamé Mgr Balestrero au nom du Saint-Siège.
L’exemple d’Assise
Mgr Balestrero a par ailleurs souligné la satisfaction du Saint-Siège concernant l’intention de l’OSCE «d’étudier le rôle des organismes de jeunes et de jeunesse comme agents de changement dans la lutte contre les manifestations de haine». Il a noté l’engagement de l’Eglise en ce domaine dans les «projets éducatifs» de l’école catholique. Le représentant du Saint-Siège a par ailleurs déploré que «des sentiments de haine et de vengeance» aient été inculqués «chez de nombreux jeunes dans des régions du monde en conflits, dans des contextes idéologiques où le germe des anciens ressentiments est cultivée et où leurs âmes sont préparées à la violence à venir».
Mgr Balestrero a enfin évoqué la rencontre «de dialogue, de prière et d’éducation à la paix pour les jeunes de différentes religions et de différents pays» qui sera organisée à Assise (Italie) du 4 au 8 novembre prochains par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il a annoncé qu’un message final «sera rendu public et porté à l’attention des autorités politiques et religieuses». Il a enfin cité plusieurs initiatives en faveur de la paix promues par l’Eglise catholique et certains mouvements comme la Communauté San’Egidio. (apic/imedia/ami/pr)




