Portugal: Le parlement ouvre la voie au référendum sur l’avortement

Le cardinal Policarpo change de cap et s’implique pour le «non»

Lisbonne, 20 octobre 2006 (Apic) Le cardinal patriarche de Lisbonne, Mgr José Policarpo, a appelé jeudi l’Eglise à «éclairer les consciences» et a demandé aux catholique et à tous ceux qui «défendent la vie» de participer à la campagne sur le référendum pour la dépénalisation de l’avortement.

Le parlement portugais dominé par les socialistes a approuvé jeudi à une large majorité l’organisation d’un référendum sur l’avortement. Ce référendum pourrait mettre un terme à une des législations les plus restrictives en ce domaine en Europe. Le résultat s’avère d’ores et déjà incertain. Lors d’une première consultation, en juin 1998, le non l’avait emporté à une très faible majorité de près de 51%, avec une abstention de 68,1 %.

Selon un sondage publié jeudi, moins de la moitié des Portugais (47,9%) sont favorables à la dépénalisation de l’avortement et 39,9% y sont opposés.

L’IVG n’est actuellement autorisée au Portugal qu’en cas de danger pour la vie de la mère, de malformation congénitale du foetus et de viol, ou de risques pour la santé physique ou psychique, qui doivent être confirmés par un médecin.

Les femmes reconnues coupables d’avoir avorté clandestinement sont passibles de peines allant jusqu’à trois ans de prison, tandis que les médecins ayant pratiqué un avortement risquent de deux à huit ans de détention.

Le cardinal patriarche de Lisbonne, Mgr José Policarpo, a réagi jeudi, invitant «les membres de l’Eglise catholique et tous ceux qui ’défendent la vie’ à participer à la campagne sur le référendum en ’éclairant les consciences’».

A ses yeux, il est de leur devoir «d’organiser et de dynamiser une campagne», estimant que «le rôle des pasteurs» est de «proclamer la doctrine de l’Eglise, en annonçant l’évangile de la vie».

Mgr Policarpo est ainsi revenu sur des déclarations antérieures qui avaient fait grand bruit dans les milieux catholiques où il affirmait que l’avortement n’était «pas une question religieuse mais d’éthique fondamentale», recommandant aux indécis de s’abstenir.

Le Premier ministre, José Socrates, a annoncé qu’il allait s’engager personnellement dans la campagne pour le «oui» et demandé à ses ministres d’agir de même. (apic/ag/pr)

20 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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