Un des accusés est acquitté pour prescription
Brésil: Procès 19 ans après l’homicide du missionnaire jésuite Vicente Cañas
Brasilia, 25 octobre 2006 (Apic) Après 19 ans d’attente, le procès pour l’homicide de Vicente Cañas – missionnaire jésuite espagnol tué en 1987 dans la forêt amazonienne, où il vivait avec les indigènes Enawenê-Nawê – a débuté avec un acquittement et la décision d’un procès séparé.
Un tribunal de Cuiabá, dans l’Etat occidental du Mato Grosso, a disposé que pour un des trois accusés, Martinez Abadio da Silva, accusé de l’exécution de l’assassinat, le délit est désormais prescrit pour motif d’âge, relève l’agence catholique Misna. Le prévenu a plus de 70 ans et, d’après la loi en vigueur, il pouvait être cité en jugement exclusivement pour un délit commis dans les 10 années précédentes.
Le deuxième auteur matériel présumé de l’homicide, José Vicente da Silva, a en revanche demandé et obtenu un procès séparé de celui de l’ex-commissaire de police de Juinia, localité où le missionnaire a été tué, et premier responsable des enquêtes, Ronaldo Antonio Osmar. Deux des trois autres suspects, les latifundistes Pedro Chiqueti et Camilo Carlos Obici, sont déjà décédés et le troisième, Antonio Mascarenhas Junqueira, 90 ans, a été exclu du débat en raison de son âge.
Victime de l’avidité des propriétaires terriens
D’après le ministère public, ce fut l’ex-commissaire Osmar qui recruta les ’pistoleiros’ pour tuer le Père Cañas, qui se battait au côté des Enawenê-Nawê pour la sauvegarde de ce peuple et démarcation de leurs terres ancestrales envahies par les latifundistes. Le missionnaire, «témoin et victime de l’avidité des propriétaires terriens sur les richesses des terres peuplées par les indigènes depuis des siècles» – comme l’a qualifié Mgr Pedro Casaldáliga, évêque émérite de São Félix de Araguaia – fut sans doute assassiné le 6 avril 1987 dans la forêt amazonienne. Deux membres du Conseil indigéniste missionnaire (Cimi), qui était en contact avec père Cañas via radio, ont retrouvé son corps après 40 jours de recherches. «Nous pensions qu’il était allé pêcher avec les indigènes, mais son corps fut ensuite retrouvé près de sa baraque», a rappelé Egon Heck, coordinateur du Cimi dans le Mato Grosso do Sul. (apic/misna/bb)




