Douze exigences pour éviter les abus

Berne: L’assistance au suicide doit être mieux surveillée

Berne, 27 octobre 2006 (Apic) Chaque année en Suisse, des organisations comme Exit et Dignitas accompagnent plus de 350 personnes vers une mort volontaire. «Cette proportion s’explique par la politique très libérale de notre pays», affirme la Commission nationale d’éthique pour la médecine humaine (CNE), qui propose d’inscrire dans la loi douze exigences pour éviter les abus.

Le but de ces mesures est de mieux protéger la vie et de soutenir les individus tentés par la mort face aux organisations d’assistance au suicide, a expliqué le 27 octobre la commission. Son président, le professeur zurichois Christoph Rehmann-Sutter, a souligné devant la presse, à Berne, que la proportion en Suisse des personnes qui se sont données la mort avec l’aide d’une organisation était «sans équivalent dans le monde». Sur les 350 cas recensés par année, une centaine touche des ressortissants étrangers.

Parmi les propositions de la commission, il s’agit de mieux prendre en compte la capacité de discernement du suicidaire. «Il est exclu de l’aider tant qu’un doute subsiste», a affirmé Jean Martin, ancien médecin cantonal vaudois. Autre recommandation: ne doivent entrer en ligne de compte que les personnes endurant une grave souffrance liée à la maladie ou aux suites d’un accident. Ainsi, Exit ou Dignitas ne devraient pas pouvoir intervenir auprès des malades psychiques dont la pulsion de mort est un symptôme de la pathologie dont ils souffrent. Ou seulement dans une période libre de maladie. Enfin. Selon la commission, le désir de mourir doit être durable et constant, et non pas lié à des conditions de vie difficiles ou des situations temporaires de détresse.

Selon les statistiques, un cinquième des suicides enregistrés en Suisse est assisté. Cette proportion est même d’un tiers à Zurich, a relevé pour sa part le professeur Daniel Hell. (apic/ag/bb)

27 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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