Lucerne: Un manifeste pour une Eglise «frère et soeur» signé par 112 catholiques
Pour une égalité des droits entre hommes et femmes
Lucerne, 29 octobre 2006 (Apic) Le «manifeste de Lucerne» pour une «Eglise frère et soeur» (geschwisterliche Kirche) a été signé, samedi par 112 représentants de fédérations, associations et autorités catholiques. Ils participaient à une journée sur le thème «Que les pères et mères présentent le pain».
Les communautés sont invitées par les signataires à prendre au sérieux leurs responsabilités face à l’Evangile, ainsi que «leur émancipation et leurs droits» dans l’application du principe d’égalité dans l’Eglise. Le manifeste rappelle à l’Eglise catholique qu’elle ne doit pas seulement prôner à l’extérieur les droits humains, mais également les appliquer chez elle. En particulier, l’égalité des droits entre hommes et femmes est une exigence de la Déclaration des droits humains de l’ONU et de la Constitution fédérale.
Que tous aient accès aux fonctions ecclésiales
C’est pourquoi, selon le manifeste, il est urgent que soit appliqué dans l’Eglise catholique en Suisse le principe selon lequel «femmes et hommes, indépendamment de leur état civil et de leur orientation sexuelle, aient accès à toutes les fonctions ecclésiales».
Pour Paula Beck, principale initiatrice de la «Déclaration de Lucerne» qui a entraîné une polémique bien au-delà des frontières du canton, la signature de ce manifeste constitue une nouvelle étape. Elle montre que l’exigence de l’égalité des droits dans l’Eglise est soutenue par beaucoup d’organisations ecclésiales de toute la Suisse allemande.
Les initiateurs du manifeste se réfèrent dans leurs exigences à l’instruction pastorale de Vatican II «Gaudium et Spes», qui affirme que toute forme de discrimination est contraire au plan de Dieu. Ce document, adopté par l’Eglise, n’a pas été appliqué de façon conséquente, soutiennent les signataires. Ils ont été confortés dans leurs convictiolns par le professeur de Nouveau Testament Walter Kirchschläger, de l’Université de Lucerne, qui a déploré le «déficit théologique» dans la recherche sur l’accès aux ministères dans l’Eglise.
La théologienne Susanne Birke a abordé la question de l’ordination des femmes en lien avec l’histoire de l’Eglise. Elle a notamment rappelé que dans les premiers temps du christianisme, les femmes participaient à la fondation des communautés, dirigeaient les Eglises domestiques et oeuvraient comme diaconesses et comme apôtres.
Certains participants à la journée de samedi ont exprimé leur désaccord face au message du manifeste et ont renoncé à le signer. Ce fut le cas de l’ancien doyen lucernois Max Hofer, quia rappelé que la présidence d’une communauté ne peut être confiée qu’à une personne ayant reçu la mission canonique. Les paroisses doivent s’en tenir aux règles du jeu, définies également dans le Statut ecclésiastique cantonal. (apic/bbü/job/bb)




