Fribourg: Quelque 2’000 personnes à l’Université pour la 17e rencontre «Prier Témoigner»
«La folie d’être chrétien»
Fribourg, 5 novembre 2006 (Apic) Quelque 2’000 personnes, en grande majorité des jeunes de toute la Suisse romande, ont participé ce week-end à la rencontre «Prier Témoigner» sur le thème de la vocation. A l’occasion de son 17e rassemblement, qui s’est tenu les 4 et 5 novembre dans les locaux de l’Université de Fribourg et à l’église Ste-Thérèse, on a une nouvelle fois constaté que «Prier Témoigner» attire toujours autant de jeunes, notamment des groupes de préparation à la confirmation.
Le fameux Guy Gilbert, célèbre «curé des loubards», un septuagénaire à la langue fleurie, Soeur Moïsa, des Fraternités de Jérusalem, Frère David, dominicain de Bordeaux, Alain Auderset, le «bédéiste de Dieu», Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, et d’autres Romands, ont témoigné à cette occasion de «la folie d’être chrétien».
La foule avait colonisé tous les espaces disponibles, samedi et dimanche, pour cette 17e édition de «Prier Témoigner», cette fête annuelle des jeunes catholiques de Suisse romande, dont la bonne moitié avait moins de 16 ans. «C’est à nouveau un immense succès, l’ambiance générale était excellente, et durant la veillée de prière, j’ai rarement vu un tel recueillement», relève Claude Schenker, l’une des chevilles ouvrières de ce rassemblement.
Dimanche, au cours d’un point presse, l’abbé Nicolas Glasson, le nouvel aumônier du rassemblement, a dressé ce constat: «Ce qui frappe, en venant ici, c’est de voir autant de jeunes; et surtout de découvrir ce qu’ils demandent ou ce qu’ils viennent chercher ici. Ils cherchent des moments de prière, de la véracité, des témoins, pas de ’l’eau tiède’!» Cela contraste, poursuit-il, avec ce que l’on rencontre trop souvent dans les paroisses, où on a l’impression que l’Eglise est en péril.
A l’aula magna, durant le rassemblement, il a fallu ajouter deux écrans géants et près de 700 chaises dans les plus grands halls et auditoires. Chants, prières, sketchs, recueillement, témoignages, procession de 1’500 personnes à travers la ville, nuit d’adoration, confessions individuelles par centaines.
Guy Gilbert joue à «guichets fermés»
Guy Gilbert n’en finit pas d’attirer les foules, et samedi soir, c’est à «guichets fermés» qu’il a donné son témoignage. Blouson de cuir bardé de décorations et autres colifichets, coeur ardent, franc parler, il a marqué son auditoire en témoignant de l’amour de Dieu. Cet amour, il l’a reçu en premier lieu au sein de sa famille. La famille tient une place importante dans la vie du curé des loubards. Elle est pour lui, comme pour Jean Paul II, le nid des vocations, car c’est le nid de l’amour. Il a invité ses auditeurs à prier, à aimer, surtout leurs ennemis. Il a rappelé sa devise: «Vivre de telle façon qu’à ma seule manière de vivre on puisse dire qu’il est impossible que Dieu n’existe pas».
Le déjà célèbre jeune dessinateur de BD suisse Alain Auderset a fait découvrir aux jeunes une manière de conjuguer sa foi et sa passion pour la bande dessinée. Quant à l’histoire de Soeur Moïsa, jeune religieuse des Fraternités de Jérusalem, à Paris, c’est l’histoire d’une vocation qui est une évidence. «C’est ce pourquoi nous sommes faits, qui nous fait grandir et nous rend particulièrement heureux, l’amour de Dieu».
La fête a pris des accents des îles plutôt explosifs grâce à deux invités. Frère David, supérieur du couvent dominicain de Bordeaux d’origine antillaise, a d’emblée saisi les participants en exposant le thème du week-end: «Ils sont fous ces chrétiens», en référence aux paroles de saint Paul.
«Regardez donc votre appel: il n’y a pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu’il y a de fous dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages». Et c’est un Réunionnais d’origine, Jean-Bernard Calixte qui, avec son groupe, a assuré l’animation musicale de la rencontre. Après la soirée avec le Père Guy Gilbert, les participants se sont rendus en procession vers l’église Sainte-Thérèse, où ils ont passé la veillée, et pour une partie d’entre eux, participé au sacrement du pardon et passé une nuit d’adoration.
Le dimanche, après la prière dans l’aula, ils ont participé à des ateliers avec le Père Guy Gilbert et Soeur Moïsa, tandis que les plus jeunes avaient leur propre programme avec des sketchs et témoignages de Jean-Bernard Calixte. Quant aux moins de 12 ans, les organisateurs avaient prévu des activités adaptées dans les salles de cours. La journée s’est achevée par une eucharistie présidée par Mgr Norbert Brunner. VB/JB
Encadré
Un temps privilégié de rencontres
«Prier Témoigner» a lieu à Fribourg depuis 1990. C’est un temps privilégié de rencontres entre personnes engagées dans les paroisses, les communautés et les mouvements. Il rassemble et fait connaître les différents visages de l’Eglise de Suisse romande. La rencontre, dont le budget oscille entre 50’000 et 60’000 francs par année, bénéficie de peu de soutiens financiers institutionnels (entre 2’000 et 2’500 francs de la Corporation ecclésiastique cantonale, 5’000 francs de la CRAL, la Communauté romande de l’apostolat des laïcs) et vit avant tout de dons, de quêtes dans quelques paroisses, et des entrées payées par les participants, note Claude Schenker. Tout le reste est du bénévolat, comme le travail des organisateurs. Dirigée durant plusieurs années par Daniel Pittet et par son épouse, puis par l’Abbé Alain de Raemy, l’association «Prier Témoigner» est actuellement conduite par l’abbé Nicolas Glasson, Supérieur-adjoint du Séminaire diocésain de Lausanne, Genève et Fribourg, Marie-Louise Zurkinden, relieuse et bibliothécaire, et Claude Schenker, avocat. (apic/be)




