Satisfaction dans les milieux chrétiens

Pakistan: Un chrétien acquitté après plus de huit ans de détention pour blasphème

Lahore, 17 novembre 2006 (Apic) Un Pakistanais catholique de 60 ans, Ranjha Masih, a été acquitté après avoir été détenu pendant huit ans et demi en prison, accusé arbitrairement de blasphème, indique l’Agence oecuménique ENI.

«Nous sommes vraiment contents. C’est une victoire pour les chrétiens et pour ceux qui croient aux droits de la personne,» a déclaré à ENI le 16 novembre depuis son bureau de Lahore Joseph Francis, directeur du groupe d’action chrétien qui a défendu Ranjha Masih dans son procès en appel.

Joseph Francis, directeur du Centre «for Legal Aid Assistance and Settlement» (CLAAS), une organisation d’assistance juridique, a rapporté que la Cour suprême de Lahore avait acquitté Ranjha Masih le 13 novembre des accusations de blasphème portées contre lui. Au Pakistan, si une personne est reconnue coupable de blasphème, une condamnation obligatoire à la peine de mort est prononcée.

Ranjha Masih avait été arrêté le jour de l’enterrement de Mgr John Joseph, évêque catholique de Faisalabad, qui avait mis fin à ses jours en mai 1998 en signe de protestation contre la peine de mort prononcée à l’encontre d’un autre membre de son église sur de fausses accusations de blasphème.

Le centre d’assistance juridique a expliqué que, pendant la procession funèbre de l’évêque, de jeunes chrétiens bouleversés ont jeté des pierres sur des véhicules et des magasins. A la suite de ces actes, une enseigne de magasin sur laquelle étaient inscrits des versets du Coran est tombée. Un groupe de jeunes musulmans ont alors sorti Ranjha Masih de la foule et l’ont accusé d’avoir fait tomber le panneau. Depuis lors, Ranjha Masih avait été retenu prisonnier en attendant son procès.

Ranjha est le 20e chrétien que le CLAAS fait acquitter par la Cour après avoir été accusé de blasphème, a commenté Joseph Francis. Il a toutefois souligné que dix chrétiens avaient aussi été tués au cours de procès pour blasphème depuis que la loi avait été adoptée en 1988. «Un grand nombre de ceux qui ont été acquittés après avoir été accusés de blasphème ne se sentent pas en sécurité ici et ont émigré. (apic/eni/pr)

17 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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