Le Père Doglas Yousef Al Bazy n’est pas réapparu depuis dimanche
Irak: Nouvelle disparition d’un prêtre chaldéen à Bagdad, on craint un enlèvement
Bagdad, 21 novembre 2006 (Apic) La communauté chrétienne de Bagdad vit à nouveau dans la crainte des enlèvements. Le Père Doglas Yousef Al Bazy, âgé de 34 ans, n’est pas réapparu à son domicile depuis dimanche. Curé de la paroisse chaldéenne de St-Elie à Bagdad, il a probablement été capturé pour obtenir une rançon et effrayer les chrétiens de la capitale irakienne, dont beaucoup ont déjà choisi le chemin de l’exil, note une source religieuse irakienne.
L’évêque auxiliaire de Bagdad estime que la thèse de l’enlèvement est «très probable». Dans les milieux chrétiens de la capitale irakienne, on craint que ce genre d’initiative criminelle soit destiné à toucher les personnalités religieuses les plus actives, dans le but de décourager les chrétiens à rester en Irak.
L’alerte a été rapidement donnée dans tout le pays et chez les membres de la diaspora irakienne par le biais d’internet et de sms. Les fidèles du jeune prêtre et les responsables de l’Eglise chaldéenne irakienne craignent qu’il s’agisse d’un nouvel enlèvement visant un membre actif du clergé. On soupçonne que dans ce cas, il ne s’agisse pas seulement d’un acte criminel visant à obtenir une rançon, mais d’un nouvel acte d’intimidation visant la communauté chrétienne.
Mgr Shlemon Warduni, évêque auxiliaire des chaldéens de la capitale irakienne, a déclaré à l’agence de presse italienne AsiaNews avoir avec le patriarche des chaldéens, Mgr Emmanuel-Karim Delly, entrepris des recherches. Tous deux espèrent aboutir, mais ils n’ont pu encore obtenir de contacts
Le Père Doglas a été ordonné prêtre il y a une dizaines d’années. Mgr Warduni le décrit comme une figure «très active dans le diocèse, engagé surtout auprès des jeunes». Il est secrétaire de l’Institut pour l’enseignement religieux et également du Conseil des chefs des Eglises à Bagdad. Il n’était à la tête de la paroisse de St-Elie que depuis quelques mois.
Au sein de la communauté chaldéenne, l’idée se répand que les menaces et les enlèvements ne sont pas indiscriminés, mais bien plutôt réalisés de façon ciblée. Ils visent les personnalités les plus engagées au sein de la communauté chrétienne, les plus jeunes et les plus courageux, «comme un avertissement à ceux qui continuent à espérer pouvoir encore vivre dans ce pays».
Depuis un certain temps déjà, la situation étant devenue «insupportable», les chrétiens sortent rarement de la maison. Ils ne sont cependant pas les seuls à souffrir de la violence, «car aucun lieu n’est sûr désormais, il n’y a même pas de sécurité sur son lieu de travail». Les derniers mois, on a assassiné des boulangers à Bagdad pour le simple fait que leurs pains ressemblaient vaguement à une croix, écrit AsiaNews.
La situation s’est fortement détériorée pour les chrétiens
Depuis cet été, la situation s’est fortement détériorée pour les chrétiens, et en septembre, plusieurs églises ont été la cible de tirs et d’attentats, non seulement à Bagdad, mais également à Mossoul, une place forte sunnite. En septembre dernier, le Père Saad Syrop Hanna, un prêtre irakien de 34 ans enlevé le 15 août dernier dans le quartier de Dora, à Bagdad, a été libéré après paiement d’une rançon. Il était apparu très affaibli et portant des séquelles des mauvais traitements qu’il a subis durant près d’un mois de détention très pénible. Notons que la moitié des quelque 1,2 million de chrétiens irakiens ont fui leur pays depuis l’invasion américaine et la chute de Saddam Hussein en 2003. (apic/asian/be)




