Réconciliation avec les orthodoxes: l’une des priorités du pape

Istanbul: Benoît XVI assiste à la liturgie présidée par Bartholomée Ier

Istanbul, 30 novembre 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI a assisté à Istanbul à une liturgie célébrée par le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée Ier. La réconciliation avec les orthodoxes est l’une des priorités du pontificat de Benoît XVI entamé en avril 2005.

Le pape s’est rendu à l’église patriarcale Saint Georges. Il a été accueilli sur le seuil de l’église par Bartholomée Ier. Les deux chefs religieux se sont donnés une accolade. Ce fut aussi l’occasion, pour le pape, de réaffirmer à Istanbul que catholiques et orthodoxes doivent rappeler à l’Europe ses racines chrétiennes.

«Catholiques et orthodoxes sont appelés à renouveler la conscience de l’Europe sur ses propres racines, traditions et valeurs chrétiennes», a dit le pape, alors qu’il participait à une liturgie orthodoxe au siège du patriarcat de Constantinople, le 30 novembre 2006. Des propos tenus deux jours à peine après avoir encouragé le chemin de la Turquie vers l’Europe. Devant le patriarche orthodoxe, le pape a aussi réaffirmé son «service universel» de successeur de Pierre et a demandé aux responsables politiques du monde de respecter la liberté religieuse.

Le pape a ainsi rappelé, à Istanbul, la mission commune des chrétiens, inscrite dans l’Evangile, «de faire des disciples de toutes les nations». Il a constaté que «cette charge laissée par les saints frères Pierre et Paul» était «loin d’être accomplie». Au contraire, a-t-il expliqué, «ceci est encore plus urgent et nécessaire», et concerne «non seulement les cultures marginalement touchées par le message de l’Evangile, mais aussi les cultures européennes profondément enracinées, de longue date, dans la tradition chrétienne». «Face à cette réalité, a lancé Benoît XVI, nous sommes appelés, avec toutes les autres communautés chrétiennes, à renouveler la conscience de l’Europe sur ses propres racines, traditions et valeurs chrétiennes, en leur donnant une nouvelle vitalité».

Appel au respect de la liberté religieuse

C’est dans un pays candidat à l’entrée dans l’Union européenne, et très majoritairement musulman, que le pape a prononcé ces mots. Des propos qui interviennent après que le pape a affirmé devant le premier ministre turc Erdogan, le 28 novembre, que le Saint-Siège «regarde positivement et encourage le chemin de dialogue et de rapprochement et d’insertion» de la Turquie en Europe.

Par ailleurs, une nouvelle fois, au cours de ce voyage, le pape a lancé depuis le patriarcat de Constantinople un appel au respect de la liberté religieuse, dans un pays où vivent seulement 100’000 chrétiens, en majorité orthodoxes. «Nous demandons avec insistance à tous les leaders du monde de respecter la liberté religieuse comme droit humain fondamental», a ainsi affirmé le pape dans son discours en anglais.

Devant le patriarche oecuménique, à Istanbul, Benoît XVI a aussi réaffirmé «le service universel de Pierre et de ses successeurs», faisant allusion au primat du pape qui «a malheureusement fait émerger» des «différences d’opinions». Des différences que le pape a souhaité «dépasser, grâce aussi au dialogue théologique repris récemment» après six ans d’interruption. Il ainsi affirmé que sa présence était «destinée à renouveler l’engagement commun à poursuivre sur le chemin vers le rétablissement – avec la grâce de Dieu – de la pleine communion entre l’Eglise de Rome et l’Eglise de Constantinople». «Je peux vous assurer que l’Eglise catholique est prête à faire tout son possible pour dépasser tous les obstacles et pour rechercher, avec nos frères et soeurs orthodoxes, des moyens toujours plus efficaces de collaboration pastorale dans un tel but», a confié le pape devant le responsable orthodoxe.

Pour sa part, le patriarche a jugé la présence du pape «comme une manifestation» de son «amour fraternel» pour l’Eglise orthodoxe de Constantinople. Il a aussi constaté «l’évidence de (leur) désir commun de persévérer sur le chemin (.) pour rétablir la pleine communion». «Nous confessons une profonde affliction de ne pas pouvoir encore célébrer unis les saints sacrements», a regretté le patriarche.

La longue liturgie orthodoxe s’est déroulée dans l’église patriarcale Saint-Georges, au Phanar, le siège du patriarcat de Constantinople, à Istanbul. Benoît XVI, en soutane et surplis blancs, les épaules couvertes d’une mozette et d’une étole rouges, a assisté à la liturgie. Dans l’église richement décorée, devant l’iconostase, il était assis sur un trône placé face à celui du patriarche, mais légèrement plus bas. Au cours de la liturgie présidée par le patriarche, le pape a lu en grec la prière du Notre-Père.

Au terme de la cérémonie, les deux hommes devaient lire puis signer une déclaration commune, et enfin déjeuner ensemble pour couronner cette première visite de Benoît XVI au patriarcat oecuménique de Constantinople en la fête de son saint patron, saint André. La visite attendue du pape à Sainte-Sophie puis à la mosquée bleue était prévue en milieu d’après-midi. (apic/imedia/ami/pr)

30 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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