Lettre pastorale des évêques de rite latin controversée
Kerala: Tour de vis en matière de musique sacrée et de chorale lors des célébrations
Verapoly/Kerala, 1er décembre 2006 (Apic) Tour de vis, en Inde, en matière de musique sacrée et de chorales lors des célébrations liturgiques. Les réactions ont immédiatement suivi. Cette lettre est «discriminatoire et inappropriée». Personnellement, dit le chancelier de l’archidiocèse de Verapoly cité par Eglises d’Asie. Il ne l’approuve pas. «Exclure les personnes non chrétiennes de la chorale n’est pas une décision juste».
Mgr Daniel Acharuparambil, archevêque de Verapoly, et Mgr Maria Calist Soosa Pakiam, archevêque de Trivandrum, évêques de rite latin de l’Etat du Kerala, ont publié une lettre pastorale précisant les nouvelles directives à suivre en matière de musique sacrée et de chorale lors des célébrations liturgiques.
Ces «recommandations» seront effectives à compter du 3 décembre prochain, premier dimanche de la nouvelle année liturgique, pour les archevêchés de Verapoly et de Trivandrum ainsi que pour les neuf diocèses de la province ecclésiastique.
Cette décision, qui s’inscrit dans une démarche visant à favoriser le caractère sacré des célébrations liturgiques, prévoit également la publication d’un recueil de chants approuvés par les évêques, afin d’éviter un choix de chants peu adaptés au caractère sacré des liturgies dans les paroisses. «Le rôle de la chorale est d’aider les fidèles à participer activement au service sacré de la liturgie. La musique sacrée est un ministère qui fait partie intégrante de la foi catholique et de la liturgie. Par conséquent, les chorales doivent uniquement être composées de fidèles menant une vie chrétienne et sacramentelle conforme au dogme de l’Eglise», pouvait-on entendre dans les paroisses, les 5 et 12 novembre dernier, lorsque la lettre pastorale a été lue aux fidèles.
Pour le P. Jacob Pattarumadathil, chancelier de l’archidiocèse de Verapoly, cette lettre est «discriminatoire et inappropriée». Il ne l’approuve pas cette lettre. POur lui, exclure les personnes non chrétiennes de la chorale n’est pas une décision juste. Cela va véhiculer une image réactionnaire de l’Eglise, ce qu’elle n’est pas».
Consternation
Autre son de cloche: d’après le P. Antony Kallarackel, chancelier du diocèse latin de Kottapuram, la lettre pastorale est «opportune et pertinente», car, estime-t-il, dans certaines paroisses, l’Eucharistie est devenue une occasion de «spectacle musical», ce qui «détruit l’esprit de la liturgie». Selon lui, c’est cette tendance qui a contraint les évêques à revoir les pratiques liturgiques et à instaurer une uniformité.
Pour le P. John Painumngal, consterné, de l’archidiocèse syro-malabar d’Ernakulam-Angamaly, compositeur de chants spirituels, les non-chrétiens ne sont pas responsables de la perte de l’esprit liturgique, «c’est nous qui en sommes responsables». Selon lui, des garçons et filles hindous, en faisant partie de chorales, ont aidé des centaines de fidèles à prier. Le P. Painumngal a lui-même invité une jeune fille hindoue à venir rejoindre la chorale de la paroisse St Sebastian de Kanjoor, lorsqu’il y était vicaire. «Cela ne sera plus possible, si l’Eglise syro-malabare suit l’Eglise latine en ce domaine», déplore-t-il, ajoutant : «Jésus n’a jamais dit d’aimer les chrétiens. Il nous a dit d’aimer notre prochain. Il nous a également dit qui était notre prochain. Personne ne peut changer ses mots». (apic/eda/pr)




